Marcello Mio ***
Film de Christophe Honoré (2h01)
Ce film est présenté en Compétition au Festival de Cannes 2024.
C’est l’histoire d’une femme qui s’appelle Chiara.
Elle est actrice, elle est la fille de Marcello Mastroianni et Catherine Deneuve et le temps d’un été, chahutée dans sa propre vie, elle se raconte qu’elle devrait plutôt vivre la vie de son père.
Elle s’habille désormais comme lui, parle comme lui, respire comme lui et elle le fait avec une telle force qu’autour d’elle, les autres finissent par y croire et se mettent à l’appeler « Marcello ».
La critique d’Annie
Voici un joli film, que j’ai regardé avec plaisir. Cette comédie un peu nostalgique trouve un ton particulier plein de charme et de fantaisie.
Il y est question de filiation et d’héritage aussi avec de nombreuses références au cinéma.
De plus le casting est brillant puisqu’on y retrouve Catherine Deneuve, Fabrice Luchini, Nicole Garcia, Melville Poupaud, Benjamin Biolay et Chiara Mastroianni magnifique.
Entrons dans l’histoire : Chiara, la fille de Catherine Deneuve et Marcello Mastroianni est née en 1972. Ses illustres parents se séparent deux ans plus tard. Elle a 24 ans à la mort de son père. Et justement le scénario va s’appuyer sur la filiation et l’héritage de ce père magnifique, puisque la fille va adopter et endosser la personnalité de Marcello Mastroianni. Par une transformation physique surprenante et très crédible, mais aussi une transformation spirituelle.
Ce qui va bousculer son entourage à commencer par sa mère, Catherine Deneuve. Fabrice Lucchini lui, se laisse embarquer dans le jeu de l’actrice par une amitié un peu ridicule mais touchante, et il interprète ce rôle avec son brio habituel. D’autres comme Melville Poupaud se prendrons aussi dans ce labyrinthe mais de façon plus douloureuse car l’évocation du célèbre acteur italien, lui fait ressentir son absence au cours d’une jolie scène en noir et blanc….
Il y a aussi ce curieux personnage d’un soldat britannique abandonné par son compagnon.
Nicole Garcia quant à elle, dans son rôle de metteur en scène refuse le subterfuge dans un premier temps et reste accrochée à la réalité…
Bref, tous les personnages fictifs ou réels sont confrontés à l’évocation, au retour presque de Marcello.
Christophe Honoré se garde bien de reprendre des
images d’archives ce qui est inutile puisque Mastroianni est là ! Sa caméra est virtuose à filmer Paris ou Rome de nuit et on y retrouve celle de Fellini, au cours d’une étonnante scène qui nous renvoie à La dolce Vita et au années 60 du cinéma italien.
On peut émettre la réserve sur la durée du film, 2heures, qui aurait pu être écourtée.
Pour conclure, j’ai passé un bon moment entre la France et l’Italie grâce à ce film plein de fantaisie. Chira Mastroianni excelle dans son interprétation et nous donne envie de plonger dans la filmographie de son père, dont Fellini disait : «Marcello est mon double, confiait-il l'excroissance de mon bras. L'Italien sympathique sur lequel on projette ce qu'il y a de meilleur en nous. Et à qui on pardonne tous ses défauts parce qu'ils sont les nôtres.»
Un film pour adultes et grands ado.
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