Pupille***°
Film de Jeanne Herry Article vu 217 fois
La critique d'Annie :
A l'approche de Noel, il nous fallait bien un film qui célèbre la naissance ! Cela tombe donc sous le sens d'aller voir Pupille… avec Sandrine Kimberlain, Elodie Bouchez et Gilles Lellouche, entourés d'autres seconds rôles très crédibles.
Théo est remis à l’adoption par sa mère (biologique) le jour de sa naissance. C’est un accouchement sous x. La mère a deux mois pour revenir sur sa décision... ou pas. Les services de l’aide sociale à l’enfance et le service adoption se mettent en mouvement. Les uns doivent s’occuper du bébé́, le porter (au sens plein du terme) dans ce temps suspendu, cette phase d’incertitude. Les autres doivent trouver des parents ; dans le film celle qui deviendra sa mère adoptante. Elle s’appelle Alice. Cela fait dix ans qu’elle essaye d'avoir un enfant.
Jeanne Herry est la fille de Miou Miou et de Julien Clerc. Si elle même est aussi mère de famille elle a été touchée par le témoignage d'une amie qui s'est vue confier un petit enfant à la suite de sa démarche d'adoption. Elle a donc enquêté et a bâti un scénario très sérieux et documenté.
Elle a donc enquêté et a bâti un scénario très sérieux et documenté. « Quand j’écrivais, dit elle, je me disais, on a une équation simplissime, une femme qui ne veut pas de son enfant, et une autre femme qui veut un enfant. Maintenant, il faut nourrir, étoffer cette équation qui est belle et sèche comme un énoncé de logique. Et raconter tout ce collectif qui se mobilise et se met en branle pour rendre cette équation possible. Le film traite d’une addition de manques qui vont devenir un plus ».
C'est exactement l'enjeu du film : A travers les personnages, le spectateur découvre de l'intérieur l'univers fascinant des ces personnes au service de ce tout petit, leurs interactions, leurs doutes, leurs limites et toutes la richesse de leur approche aussi.
Le talent de Jeanne Herry réside pour ce film, dans un casting parfait : Sandrine Kimberlain, incarne Karine, un personnage professionnellement mature et réfléchi tout en étant dans sa vie personnelle et sentimentale pleine d'incertitude.
Alice (Elodie Bouchez) que l'on suit sur plusieurs années est aussi un très beau rôle qui évolue dans le temps. Gilles Lellouche incarne lui Jean, ce parent transitoire durant ce délai des deux mois, et il est tout à fait crédible trouvant la gestuelle parfaite avec un tout petit. Mention spéciale pour Clotilde Mollet l'assistante sociale qui rencontre la jeune mère de Théo, qui est vraiment un beau personnage. Elle engagera avec Théo, un échange indispensable pour lui que je vous laisse découvrir si vous allez voir le film. C'est une très belle séquence.
Talent aussi pour un vrai travail d'écriture : nous suivons les équipes dans leur quotidien, et l'épaisseur des personnages est réelle, nous sommes vraiment au cinéma et pas dans un reportage ce qui aurait pu être décevant pour le spectateur. Il n'en est rien grâce à l'écriture du scénario et à la distribution des rôles.
C'est aussi un film qui prend le temps d'attraper les regards qui ont une grande importance à commencer par celui du petit Théo. Redonnons la parole à Jeanne Herry : « J’aime le jeu sur le sens, pupille de l’État et pupille du regard. Je portais beaucoup d’attention à la place de mon regard d’ailleurs, je me suis demandé tout au long de la réalisation quel était mon point de vue, sur chaque séquence, et comment, et d’où regarder chaque personnage. Et aussi où regardait chaque personnage ».
Jeanne Herry nous donne à voir un film bien maitrisé, bien interprété avec cette belle thématique autour de la naissance, et de l'adoption. Donner la vie, reste une aventure humaine chaque fois inédite, qui s'écrit au quotidien dans le tissu des relations tissées dans l'amour et le respect de l'histoire de chacun.
Un film optimiste, avec une thématique plutôt pour adulte, mais que des ados bien sûr peuvent apprécier.
Le point de vue de Fred :
Un petit bémol concernant l'engouement vis-à-vis de ce film. Alice, la mère adoptante du petit Théo, ne peut avoir d'enfant car elle est sans doute stérile. Néanmoins, comme elle vit seule, Théo sera une seconde fois privé de papa. C'est la limite du scénario, pourquoi avoir fait ce choix narratif ? Tant de couples attendent l'adoption, et pour un enfant c'est quand même mieux d'avoir des parents (avec un "s")...





