Mauvaises herbes***
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Film de Kheiron (2018)
La critique d'Annie :
Waël, un ancien enfant des rues, vit en banlieue parisienne de petites arnaques qu’il commet avec Monique, une femme à la retraite qui tient visiblement beaucoup à lui. Waël c'est Kheiron, dont c'est le 2e film, après "nous trois ou rien" qui mettait en scène une famille iranienne fuyant la dictature des ayatollahs pour venir s'installer en banlieue parisienne
C'est Catherine Deneuve qui prête sa silhouette à Monique. La vie de Waël prend un tournant le jour où un ami de Monique, Victor, André Dussolier lui offre, un petit job bénévole dans son centre d’enfants exclus du système scolaire.
Waël se retrouve peu à peu responsable d’un groupe de six adolescents expulsés pour absentéisme, insolence ou encore port d’arme. Le scénario est en place, avec cette rencontre entre ces mauvaises herbes et leur éducateur, et sous le regard attentif de Monique et celui plus sceptique de Victor.
Cette thématique a été largement traitée par le cinéma: on peut rappeler "les grands esprits" avec Denis Podalydès ou bien sûr "les héritiers" en 2014 avec Ariane Ascaride.
Alors, crédible ou pas ? Réussi ou bâclé ? La présence de Deneuve et Dussolier est elle un plus réel ou un artifice publicitaire....?
Le film est bien construit avec une double histoire, qui dans un premier temps égare le spectateur, puis prends sa place petit à petit et devient une clé de compréhension à travers le destin bousculé d'un enfant dans un pays en guerre.
Et c'est plutôt bien vu, car ces séquences rompent un récit un peu prévisible et donne de l'ampleur aux personnages de Waël et Monique. "J'aime les fins joyeuses au cinéma mais j'aime la dureté pendant le déroulement de l'intrigue. Or, la France est – heureusement pour nous – un pays qui n’est pas en guerre : d'où l'idée d'y injecter une histoire qui se passerait ailleurs."
Oui, si le film est optimiste, les flash back qui le rythment lui donnent une gravité parfois douloureuse.
Puis dans le rythme du scénario, on avance sur un temps de 5 jours avec ces ados en rupture scolaire avec quelques clichés, mais aussi des trouvailles plutôt sympathiques: comme la séquence où Waël les laisse dans la ville avec pour seule consigne de se procurer de quoi déjeuner, simplement en entrant en communication avec les personnes qu'ils croisent : et certains vont faire preuve d'une belle inventivité où se mêlent astuces, arnaques, talents et joie de vivre.
"Je suis surtout parti d'une matière que je connais. Les six enfants du film sont des cas authentiques, soit que j'ai observé en tant qu'éducateur, soit que mes collègues m'ont raconté, soit qui sont arrivés à des gens que je connais lorsqu’ils étaient adolescents. "
Se dégage donc du scénario, une réelle authenticité. Mais au fait, qu'en est-il de Catherine Deneuve et André Dussolier? Nous les avons trouvé plutôt bien, bien ajustés à leur rôle. Ils entourent Kheiron et le trio fonctionne bien. Catherine Deneuve et Kheiron complices à l'écran, nous donnent aussi quelques scènes loufoques assez drôles dans des costumes improbables, notamment celui de mexicains de carnaval pour un concours de danse où il sont éblouissants!
Résumons pour finir : un film plaisant, agréable, optimiste, qui offre aussi une réflexion sur la résilience, et sur la confiance donnée indispensable moteur de croissance.
Retrouvez la critique cinéma d'Annie, tous les vendredi à 18h45 sur Radio Fidélité 103.8 (Nantes) et 92.5 (Pornic) 97.2 (Chateaubriant).



