Notre Salut ****
Film d’Emmanuel Marre (2026)
Prix du scénario au festival de Cannes 2026
Septembre 1940, le gouvernement de Pétain se met en place. Henri Marre (Swann Arlaud), 49 ans, débarque à Vichy sans le sou, sans contact, loin de sa femme Paulette (Sandrine Blancke) et ses enfants. Il voit dans la nouvelle administration l’opportunité de trouver enfin la place qu’il mérite. Dans sa valise, son traité politique, « Notre Salut » (1) , où il défend ses convictions patriotiques et ses méthodes d'ingénieur. Son credo : « gagner en efficacité » pour relever la France de la débâcle.
Affirmant vouloir aider la France, Henri Marre fait tout ce qui est nécessaire pour rester utile et, jour après jour, sert avec toujours plus d’habileté les rouages du nouvel ordre.
Le réalisateur, Emmanuel Marre est...l'arrière petit-fils d'Henri. A l’origine du scénario, un échange de lettres entre Henri et Paulette.
Le film est une plongée inattendue dans cette « Zone non occupée » dans les semaines qui suivent la défaite et l'armistice de juin 40. En suivant Henri Marre, on se retrouve dans cette époque peu connue, ou il s'agit de reconstruire, d'éviter une nouvelle guerre et de tourner le dos aux erreurs des années précédentes (désarmement, déclaration de guerre à l'Allemagne en sept 39, catastrophe militaire qui se termine en juin 40).
Le film est très bien mené (palme du scénario, à Cannes), très bien interprété. On est loin des clichés « camp du Bien / camp du Mal ». Pour garder sa liberté dans la description de cette époque complexe, le réalisateur nous offre des petits clins d'oeil décalés : il utilise volontairement des musiques anachroniques des années 1970 et 1980 (2) pour créer un trouble et un décalage ironique avec l'époque de Vichy en 1940. Il utilise aussi des effets de caméra assez ordinaires qui donnent un aspect « reportage » (reflets, flous inattendus, décalages par rapport aux personnages).
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(1) Finalement publié en 1956, « Notre Salut » est un traité politico-technique rédigé à compte d'auteur par l'ingénieur Henri Marre, mêlant convictions patriotiques et méthodes managériales appliquées à l'État. Cet ouvrage confidentiel a récemment retrouvé une visibilité grâce au film éponyme de son arrière-petit-fils Emmanuel Marre, qui met en lumière la trajectoire technocratique et la collaboration de son auteur au gouvernement de Vichy.
(2) la scène de danse (notamment chez le préfet) se fait sur le célèbre tube de 1972 « Pop Corn », composé par Gershon Kingsley et interprété ici par Hot Butter. On trouve aussi dans le film, « Live Is Life » d'Opus ou « Big in Japan » d'Alphaville sortis en 1985.
Autre film récent sur cette période :
| Les rayons et les ombres **** |
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