La maison des femmes **
Film de Melisa Godet Article vu 106 fois
A la Maison des femmes, on soigne les femmes victimes de violences. Ailleurs elles sont menacées, brutalisées, violées, mutilées, leurs souffrances ignorées. Ici, elles sont écoutées, soutenues, aidées, crues. Diane (Karin Viard), Manon (Laetitia Dosch), Inès (Oulaya Amamra), Awa (Eye Haïdara) et les autres leur donneront le bras jusqu’à ce qu’elles puissent se relever. En équipe, ensemble, avec leurs forces, leurs fragilités, leurs convictions et une énergie inépuisable… Quitte à risquer leur propre équilibre.
La maison des femmes (RESTART) de Saint Denis est la seule structure d’accueil pour femme violentée. Le film met en scène cette réalité.
Première heure au top. Extrêmement bien joué, on s’y croit. Grande palette de personnages et d’acteurs. Le sujet est grave et bien décrit. De nombreux cas sont des mutilations sexuelles de femmes africaines ou du magreb. Il y a aussi des cas de violences, de femmes battues par leur compagnon. On voit très bien toute la valeur ajoutée d'une écoute active qui libère la parole et permet de se reconstruire. L'équipe médicale, prend aussi en charge la « reconstruction physique » à la suite des mutilations. C'est impressionnant !
Le film se termine avec la période COVID ou les rencontres, au sein de la maison des femmes, sont suspendues par l’interdiction de sortir de chez soi. C’est aussi une année ou les violences vont exploser, les comportements toxiques étant là 24h sur 24.
Le film met aussi l’accent sur l’emballement administratif et juridique qui rend toute action compliquée et longue. L’histoire est traversée par une inspection de l’IGAS (1) plus vraie que nature.
(1) Inspection générale des affaires sociales
La seconde partie du film est parfois longue. Parmi les violences dont sont victimes ces femmes, il n'est jamais question d'IVG. Pourtant, à la fin un amalgame est fait entre les violences décrites plus haut et le droit à l’avortement. Les violences, excisions, blessures sont des réalités totalement perverses. Le droit d’avorter est plus complexe : d’un côté la liberté de son corps et de l’autre la vie d’un être humain supprimée. La manifestation « féministe » du 8 mars qui termine le film confirme cet amalgame (violences = patriarcat = opposition IVG).
A réserver aux adultes et grands adolescents.
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