Le moine et le fusil ****
Film de Pawo Choyning Dorji (2024) Article vu 152 fois
2006. Le Bhoutan s’ouvre à la modernisation et découvre Internet, la télévision... et la démocratie. Pour apprendre à son peuple à voter, le gouvernement organise des « élections blanches ». Mais dans le pays du Bonheur National Brut, où la paix, la religion et le Roi importent plus que la politique, les habitants semblent peu motivés. Cependant, dans une province montagneuse reculée, un moine décide d’organiser une mystérieuse cérémonie le jour du vote, jour de pleine lune, et charge l’un de ses disciples de trouver un fusil.
Un fusil… pour quoi faire ? Ce sera tout à fait inattendu, mais ne doit pas être dévoilé pour éviter de « spoiler ».
Le Bhoutan est un petit pays Bouddhiste de 782.400 habitants situé entre le Tibet, l’Inde et le Népal. Indépendant depuis 1949, le Bhoutan, est une monarchie. En 2008, il devient sous l’impulsion de son roi, une monarchie constitutionnelle.
Ce film est « une pépite ». J’y ai découvert ce beau pays que je ne connaissais pas. Surtout le film associe, en suivant le disciple et le moine lama : la préparation des élections, la vie locale d’un petit village, et l’intrigue bien menée autour du binôme marchand d’arme.
La préparation des élections est très prenante. En effet on s’aperçoit que le choix futur du vote se base nécessairement sur les « partis » et donc sur des clivages, voire rapidement des conflits entre ses partis. Jusqu’ici dans le village, tout le monde s’entend très bien et depuis toujours. Paradoxalement, le choix que le vote pousse chacun à faire, amène tensions et animosités. Toute ressemblance avec la situation de ce 30 juin, en France, est parfaitement involontaire, mais un clin d’œil du destin.
Face à cette « modernité » clivante, le peuple reste attaché à la concorde et l’unité autour de son roi.
Il y a aussi une allusion à l’intrusion des « process juridiques » au sein de la vie simple et « pragmatique » des habitants. Pour préparer le vote, les habitants doivent s’inscrire. A cette occasion leur date et lieu de naissance et nom de famille, sont requis. Et bien sûr ce détail est inconnu pour certains habitants… cela se complique…
La vie du village nous immerge parmi les habitants, au sein d’une famille et des voisins. C’est dépaysant, notamment par la langue, mais aussi très proche par la qualité et la vérité des rapports.
La recherche d’un fusil par le moine l’amène à entrer en contact avec un touriste américain qui, également cherche à acheter des armes. Le scénario déroule les séquences de recherche d’armes avec ce qu’il faut de rebondissements et de renversements, jusqu’à la scène finale.
Le film se termine par le rituel organisé par le lama, en ce jour de pleine lune. Cette cérémonie qui réunit tous les habitants du village, y compris l’américain, est très belle et très touchante. Une idée et une initiative à reproduire !
A suivre.
Belle et lumineuse séance.
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