Making Of **
Film de Cédric Khan, (2023) Article vu 101 fois
Scénariste acteur et metteur en scène (2018 « La prière » avec Sébastien Bajon. « Le procès Goldman » 2023)
Simon (Denis Podalydès), réalisateur aguerri, débute le tournage d’un film racontant le combat d’ouvriers pour sauver leur usine. Mais entre les magouilles de son producteur, des acteurs incontrôlables et des techniciens à cran, il est vite dépassé par les événements. Abandonné par ses financiers, Simon doit affronter un conflit social avec sa propre équipe. Dans ce tournage infernal, son seul allié est le jeune figurant à qui il a confié la réalisation du making of.
La critique d’Annie
Le film s’ouvre sur une séquence mouvementée Jim (Jonathan Cohen) fonce avec sa voiture sur les grilles de l’usine entourée par les forces de police, puis un groupe d’ouvriers s’interpose et entre gaz lacrymo et hurlements ils réussissent à entrer dans l’usine. Le tout sous une pluie battante.
Jusqu’à ce que retentisse l’ordre « coupez ». Mais oui nous sommes sur une scène de tournage, d’où ce making of ou « envers du décor ». Nous y retrouvons Simon, (Denis Podalydès), metteur en scène d’un film social engagé, sur le combat des ouvriers qui veulent sauver leur usine.
Il y tient beaucoup à ce film et à ce qu’il raconte : un conflit social, dans une région en perdition, l’équipe de tournage mêle comédiens, vrais ouvriers de l’usine, techniciens. La dimension sociale de son cinéma est essentielle et participe selon lui, à l’éducation d’un public exigeant.
Premier couac, les producteurs ne sont pas de cet avis et veulent modifier le scenario.
Les couacs d’ailleurs ne vont pas tarder à se multiplier : les egos des vedettes, qui veulent plus d’importance et remanient le scénario, le producteur qui disparaît laissant planer de vagues promesses de financement qui tardent, les équipes de techniciens lassées des heures sup non payées... et le couple de Simon qui s’épuise. Heureusement il y a Joseph (Stefan Crepon), passionné de cinéma, enfant de la cité ou est tourné le film. C’est lui qui va tourner ce making of.
Le film penche vers la comédie, avec des répliques, des situations drôles et loufoques portées essentiellement par le personnage de Simon qui tente de garder la main sur sa vie et son travail de plus en plus désordonnés. A ses côtés Jonathan Cohen, en star faussement généreuse amène un ton satirique sur les vedettes auto centrées détestée par le metteur en scène. Emmanuelle Bercot joue la directrice de production, qui sans cesse met les équipes devant des choix qui amènent des divisions et…des conflits !
C’est vraiment l’aspect du film que j’ai beaucoup aimé. A la fois drôle et posant des questions amères sur le sens du cinéma, sur les choix artistiques, sur la manière d’incarner un personnage etc… Mais aussi sur la passion merveilleuse que donne le cinéma, sur cette autre réalité, sur cette création artistique qui provoque tant d’émotions et de réflexion.
Le réalisateur, Cédric Khan déplace le scénario fictif dans celui bien réel de son film. Cet emboitement est réussi. Il le répartit en 3 actes
Une réserve de fond, le film est trop long et dans la dernière partie (l’acte 3). Du coup l’humour, et la vivacité incontrôlable s’affadissent. Quel dommage d’avoir perdu l’élan vivifiant bien présent au début.
Concluons avec le propos d’un des personnage : « le cinéma c’est une drogue dure »
Et nous sommes d’accord !
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