La tresse ***
Film de Laetitia Colombani (2023) Article vu 74 fois
La critique d’Annie
Laetitia Colombani triomphe en 2017 avec ce premier roman. La réalisatrice décide alors de l’adapter au cinéma. Le film est sur nos écrans depuis fin novembre, et c’est un bon film, positif, chaleureux, intimiste et qui nous offre un beau voyage entre l’Inde, l’Italie et le Canada.
L’intrigue embrasse la vie de 3 femmes, qui tissent entre elles sans le savoir un lien, autour du cheveu qui constitue pour chacune d’entre elle une résilience salvatrice.
La réalisatrice explique : « J’aimais ce symbole de la féminité, mais aussi celui de la résistance : la kératine est une matière très résistante, et l’idée de ce cheveu à la fois très fin et solide me plaisait, car c’est aussi une métaphore de mes trois personnages. »
En Inde, Smita est une membre de la communauté des "intouchables" qui rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l'école. En Italie, Giulia travaille dans l'atelier de son père avec qui elle entretient une relation pleine de complicité. Au Canada, Sarah, une avocate réputée, bosseuse qui articule sa vie de famille et son travail, avec brio, est sur le point d'être promue à la tête de son cabinet.
Les âmes chagrines prétendent que l’intrigue est « tirée par les cheveux ». Le talent des interprètes, le montage astucieux et fluide des différents épisodes qui s’enchainent très bien, la qualité de la photo font que nous sommes pris dans ces 3 histoires de femmes. Elles vont changer leur quotidien en commençant par un travail et une réflexion sur elle-même. Les changements qu’elles mettent en place commencent par une attitude féministe qui n’oublie ni la maternité, ni la transcendance qui s’exprimera selon chaque culture.
Enfin il faut insister sur le talent de la jeune Sadja Pathan qui incarne la fille de Smita, l’indienne. C’est (presque) un conte de Nöel, voici ce que confie Laetitia Colombani : « Sajda, est née dans un bidonville. Sajda avait la tête pleine de poux, mendiait pour manger. Elle ne savait ni lire, ni écrire. Lorsque je l’ai rencontrée, son intelligence et sa présence à l’écran m’ont impressionnée. Aujourd’hui, elle sait lire et écrire. Je lui avais également promis que je l’emmènerai au cinéma (elle n’y était jamais allée) : on a organisé une projection pour l’équipe indienne en mars dernier, et Sajda s’est découverte à l’écran en même temps qu’elle voyait le premier film de sa vie. »
Un très bon film, à voir en famille avec adultes et adolescents.
/image%2F0490460%2F20231212%2Fob_745e50_affiche.jpeg)