Elvis***
film de Baz Luhrmann (2022)
Le film nous déroule la vie et la carrière d'Elvis Presley. En plus de la chronologie, le fil directeur se situe dans les rapports complexes d’Elvis avec son mystérieux manager, le « colonel » Tom Parker, « roi de l’entourloupe ». Nous les suivons sur une vingtaine d'années, de l'ascension d’Elvis (1956) à son statut de star inégalée (1970). Au fil de ces années on perçoit l’évolution de la société américaine, ségrégation des communautés, naissance du rock’n roll et prégnance financière de la rentabilité avant tout.
Le film de 2h30 se regarde sans longueurs. La vie du « King » est suffisamment épique. Ayant baigné dans mon adolescence dans les années pop-rock avec les groupes mythiques (Creedence, Deep-Purple ou Led Zeppelin) je tenais un peu Elvis pour un chanteur ringard en mode « période précédente ». J’ai re-découvert avec le film « Elvis » que les grandes années et la consécration du King se déroulent dans les années 70 ! J’y ai retrouvé également avec plaisir des morceaux de choix, « Jailhouse Rock », « Hound dog » « Blue suede shoes » et pour finir le magnifique « In the ghetto ».
Un des points forts du film est la composition d’Austin Butler qui interprète Elvis. L’acteur est remarquable, de la silhouette aux prestations scéniques, avec son célèbre déhanchement. De plus il a un visage touchant qui accentue la dimension dramatique de cette vie unique.
On retrouve dans « Elvis », les grands concerts mythiques, qui sont très bien reconstitués, ainsi que toutes les stars naissantes du Rock, de Little Richards à BB King, en passant par Mahalia Jackson
Par contre le scénario est haché sans fluidité, tout comme montage et cadrages qui ne sont pas les points forts du film. On voit aussi tout le temps le colonel (méconnaissable Tom Hanks), en sortant, je trouvais que c’était un peu lassant et systématique… mais en fait comme ce fut le cas dans l’histoire réelle ; le montage souligne ici cette prégnance.
On découvre aussi la vie d’Elvis, derrière l’écran et en coulisse. On mesure la phénoménale dépendance qui se crée pour lui avec tant de « signes de reconnaissances » qui intoxiquent son ego et le rendent de plus en plus dépendant. On le voit, entre deux spectacles, tout seul, un peu paumé, recherchant dans la drogue cette ivresse qui n’existe plus hors de scène. Il est littéralement « drogué au succès ». Son manager, le sombre colonel Parker l’exploite sans vergogne, lui aussi addict aux jeux, où il engloutit des fortunes. Cette vie intime est typiquement diabolique : tous les vices s’y retrouvent : l’orgueil , la mère possessive, le père collabo, l’addiction aux succès, la machine à fric avec mensonges et fortune mêlés. Une seule vraie bouffée saine : l’amour de sa femme Priscilla et sa petite fille, Lisa-Marie.
Vu en VF. C’est sans doute préférable si on ne parle pas américain couramment.
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