Papicha****
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film algérien de Mounia Meddour
Alger, années 90 en pleine explosion Islamique (GIA, FIS, etc..), Nedjma est une jeune fille coquette et en jouée… une « papicha » comme on dit là bas. Elle habite la cité universitaire et suit un cursus d’études supérieures. Mais sa vraie passion c’est la couture. Avec sa copine Wasilla, elle brave les check point et passe les barbelés pour rejoindre la boîte de nuit ou elle va vendre ses créations à d’autres « papicha ». Avec ses colocataires de la cité-u, elle rêve de créer un défilé de mode avec ses créations. Pourra-t-elle réaliser cet ode à la liberté, malgré les interdictions des musulmans qui veulent imposer la charia ?
La réalisatrice, Mounia Meddour signe ici son premier film.
Inspiré de faits réels, "Papicha" est un petit chef d’œuvre. Le scénario nous tient en haleine jusqu’à la dernière séquence. Très bien rythmé, cohérent, inattendu, avec ce qu’il faut de suspens, le film se déroule et nous découvre la vie algérienne contemporaine. A voir en VO, car la langue, mélange déroutant de français et d’arabe est très typée. La distribution est parfaite : nos trois copines sont étonnantes de vérité. Photo et montage sont aussi impeccables.
"Papicha" nous montre la résistance de jeunes Algériens contre ce réveil brutal d’un islam qui veut tout contrôler. Au fil des images, on constate qu’il n’y a pas d’un côté les bons musulmans et d’un autre les terroristes. Soit la pratique religieuse est pratiquement inexistante, soit elle entraine tout sur son passage. On commence par le voile, les prières à l’appel du muezzin, et le reste s’enchaine : port du hijab, soumission totale de la femme, suppression de tout ce qui est « haram », etc.. A ce point de vue, ce film algérien, fait par une algérienne est édifiant. Il est d’ailleurs interdit en Algérie. "Papicha" est un peu le "Mustang" algérien : le cri de femmes libres pour dire non à la dictature d’une religion totalitaire.
Le personnage de Nedjma, joué par la remarquable Lyna Koudri est magnifique. Entre elle et son entourage, les liens sont forts et humain, pardon et bienveillance en sont la trame. Son combat contre l’oppression aveugle est très fort. Son courage et sa détermination sont édifiants et humains, mêlé aussi d’insouciance et de légèreté.








