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Mc Fred

Cinéphile, architecte, réalisateur vidéo, peintre, animateur et consultant........................... J'aime le Vrai, le Beau, le Bien, le Bon..............77 017 visites depuis l'ouverture du blog. Goûtons l'instant présent !

Publié par Mc Fred

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film algérien de Mounia Meddour

Papicha****

Alger, années 90 en pleine explosion Islamique (GIA, FIS, etc..), Nedjma est une jeune fille coquette et en jouée… une « papicha » comme on dit là bas. Elle habite la cité universitaire et suit un cursus d’études supérieures. Mais sa vraie passion c’est la couture. Avec sa copine Wasilla, elle  brave les check point et passe les barbelés pour rejoindre la boîte de nuit ou elle va vendre ses créations à d’autres « papicha ». Avec ses colocataires de la cité-u, elle rêve de créer un défilé de mode avec ses créations. Pourra-t-elle réaliser cet ode à la liberté, malgré les interdictions des musulmans qui veulent imposer la charia ? 

Papicha****
Papicha****

La réalisatrice, Mounia Meddour signe ici son premier film.

Inspiré de faits réels, "Papicha" est un petit chef d’œuvre. Le scénario nous tient en haleine jusqu’à la dernière séquence. Très bien rythmé, cohérent, inattendu, avec ce qu’il faut de suspens, le film se déroule et nous découvre la vie algérienne contemporaine. A voir en VO, car la langue, mélange déroutant de français et d’arabe est très typée. La distribution est parfaite : nos trois copines sont étonnantes de vérité. Photo et montage sont aussi impeccables.

Papicha****
Papicha****

"Papicha" nous montre la résistance de jeunes Algériens contre ce réveil brutal d’un islam qui veut tout contrôler. Au fil des images, on constate qu’il n’y a pas d’un côté les bons musulmans et d’un autre les terroristes. Soit la pratique religieuse est pratiquement inexistante, soit elle entraine tout sur son passage. On commence par le voile, les prières à l’appel du muezzin, et le reste s’enchaine : port du hijab, soumission totale de la femme, suppression de tout ce qui est « haram », etc.. A ce point de vue, ce film algérien, fait par une algérienne est édifiant. Il est d’ailleurs interdit en Algérie. "Papicha" est un peu le "Mustang" algérien : le cri de femmes libres pour dire non à la dictature d’une religion totalitaire. 

Papicha****
Papicha****
Papicha****

Le personnage de Nedjma, joué par la remarquable Lyna Koudri est magnifique. Entre elle et son entourage, les liens sont forts et humain, pardon et bienveillance en sont la trame. Son combat contre l’oppression aveugle est  très fort. Son courage et sa détermination sont édifiants et humains, mêlé aussi d’insouciance et de légèreté.

Papicha****

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L
Bonsoir<br /> <br /> Pour ceux qui ont apprécié ce film, je vous conseille de visionner ce court-métrage dans la même veine: "Les Jours d'avant" de Karim Moussaoui (2015), petit bijoux de rigueur et de finesse qui a remporté de très nombreux prix à sa sortie.<br /> <br /> https://www.avoir-alire.com/les-jours-d-avant-la-critique-le-test-dvd
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A
Disons le d’emblée, ce film est remarquable. Il résonne longtemps par la qualité des interprètes, de la photo, de la mise en scène au service d’un scénario implacable.<br /> <br /> Les interprètes tout d’abord. La folle troupe de ces étudiantes est magnifique. Elles sont d’un naturel parfait et on s’attache à chacune d’entre elle. Lyna Khoudri, qui incarne Nedjma donne une force intérieure à son personnage qui porte le film. <br /> Elle est capable d’un jeu d’expressions diversifié entre insouciance et révolte ; tendresse et détermination, éclat de rire ou cris de désespoir. <br /> <br /> La photo et la mise en scène sont au service du scénario. La caméra sautille ou au contraire reste en plan fixes selon ce qu’elle nous dévoile : la joyeuse bande qui se baigne en s’éclaboussant ou les gestes lents et pleins de respect d’une famille autour du corps d’une jeune journaliste assassinée, avant la mise en terre. Ainsi le rythme est soit trépidant soit au contraire ralenti. Et lorsque le drame surgit, la caméra cesse de filmer, comme si l’écran noir était la seule possibilité d’en rendre compte. Nous laissant, spectateur, profondément touché.<br /> <br /> Enfin, scénario implacable : ce qu’il nous raconte est plein de fureur et de joie. Les séquences s’enchainent en nous dévoilant l’état de la ville, à l’université ou le cours est brutalement interrompu, les attentats, mais aussi la façon dont ses habitants réagissent. <br /> Le groupe d’amies montre une amitié réelle, pleine de fantaisie, mais aussi de respect et d’entraide. Il y a dans le film une scène d’intimité au hammam qui est rempli de poésie et de tendresse, délicatement filmée.<br /> Mounia Maddour est algérienne et a du quitter son pays précipitamment a 17 ans en, son père étant cinéaste s’exposait au pire.<br /> Elle a largement utilisé ses souvenirs de l’université où se souvient-elle, il n’était pas rare de voir les cours interrompus par des commandos de femme en hidjab. Et elle voulait vraiment tourner à Alger, sa ville. Elle nous restitue d’ailleurs ce parler si particulier le « françarabe » : prendre un mot français et « l ’algerianiser » et mélanger sans cesse les idiomes.<br /> <br /> « Je voulais que le film ait ce rythme et cette richesse - car c’en est une! -, et c’est une vraie spécificité algéroise. Je voulais ancrer le film dans une ville que je connais et que j’aime, avec sa douceur de vivre paradoxale. » <br /> <br /> Papicha est un film qui fait la part belle aux femmes, à leurs ressources intérieures de résistance, en passant par l’accueil de la maternité y compris dans des situations difficiles. <br /> <br /> C’est un très beau film, que nous recommandons de tout cœur. Pour adultes et grands ados
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