So long my son***
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film Chinois de Wang Xiaoshuai
« So long my son » à ne pas traduire par « trop long, fiston », même si le film dure 3h05, car on ne voit pas le temps passer… !
Le film se déroule en Chine entre 1982 et aujourd’hui. Nous suivons un couple d’ouvriers, Yaojun et Liyun. En ce début des années 80, la Chine de Mao, met en place la politique de l’enfant unique. Il est interdit d’avoir plus d’un enfant sous peine d’une très lourde amende. Liyun et Yaojun n’ont qu’un enfant, Xing, un garçon un peu timide et craintif. Xing est très lié à Hao autre garçon du même âge, nettement plus intrépide. Les familles sont très proches. Yaojun et Liyun sont même parrain et marraine du petit Hao. Dans cette Chine des « camarades », ouvriers dans la même usine sidérurgique, leur vie s’écoule avec une certaine sérénité. Soudain, c’est le drame, Ils vont perdre Xing, leur enfant, à la suite d’un accident stupide. « So long my son », (Adieu, mon fils).
C’est un séisme pour ce couple qui avait du se soumettre au diktat du parti et refuser tout nouvel enfant. Nous allons suivre pendant quarante ans leurs tentatives de se reconstruire et de retrouver ou remplacer cet enfant. Pendant ces années leur destin va s’entrelacer avec celui de la Chine contemporaine dont nous suivons ainsi les évolutions.
« So long my son » est un peu déconcertant pendant la première demi heure. En effet les séquences s’enchainent et on a du mal à s’y retrouver. Plusieurs fois je me suis demandé « Mais, c’est qui, lui ? ».
En fait c’est le parti pris du film, Wang Xiaoshuai l’a construit comme un puzzle. Et comme pour un puzzle, les différentes pièces, au début, ont du mal à s’emboiter et à donner de la cohérence. Puis, petit à petit la fresque se révèle. C’est exactement le cas pour le film. Le scenario « puzzle » est aussi une structure de suspens très efficace. Jusqu’au dénouement final il restera des zones d’ombre. Et on ne voit pas le temps passer...
Côté acteurs, là aussi le parti est audacieux. Ce sont en effet les mêmes acteurs qui incarnent les personnages principaux adultes durant ces quarante ans. Le résultat est saisissant : maquillages et effets spéciaux sont à peine perceptibles.
Un des points fort du film est sa profonde humanité. Dans cet univers normé et idéologique, les liens fondamentaux restent heureusement très forts et son même exacerbés. Et cela va loin, avec tendresse, fidélité, amitié bienveillante, confiance et même le pardon. Une belle leçon de vie.
Trois heures d’immersion dans ce pays impressionnant qu’est la Chine. C’est certainement, un des centres d’intérêt du film. Pour toutes les séquences années 80 on est frappé du côté sale et fouillis du cadre de vie, appartement, usine, et environnement urbain. Le contraste est d’autant plus saisissant avec la période actuelle ou on retrouve Yaojun (Wang Jing-chun) et Liyun (Yong Mei) avec quelques cheveux blancs, dans un environnement propre et moderne. La dictature maoïste est assez discrète, mais se révèle dans toute sa cruauté pour ceux qui attendent un second enfant. Culpabilisation, lavage de cerveau et avortement sont alors au rendez-vous…
Bon film !







