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Mc Fred

Cinéphile, architecte, réalisateur vidéo, peintre, animateur et consultant........................... J'aime le Vrai, le Beau, le Bien, le Bon..............77 017 visites depuis l'ouverture du blog. Goûtons l'instant présent !

Publié par Mc Fred

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Film canadien de Denys Arcand

La chute de l’empire américain****

À 36 ans, malgré un doctorat en philosophie, Pierre-Paul est chauffeur pour une compagnie de livraison. Un jour, il est témoin d'un hold-up qui tourne mal, faisant deux morts parmi les gangsters. Il se retrouve seul avec deux énormes sacs de sport bourrés de billets. Trente ans après « Le déclin de l’Empire Américain » et « les Invasions Barbares », « La Chute de l’Empire Américain » clôt ainsi la trilogie du réalisateur.

La chute de l’empire américain****
La chute de l’empire américain****

Le personnage de Pierre-Paul, permet un 360° sur les questions existentielles. Au début il dit « Pour gagner du fric, pas besoin d’être intelligent, au contraire, c’est un handicap et tu es condamné à faire livreur de colis ». Plus tard, il va subtiliser le butin d’un holdup en devenant, paradoxalement, lui-même riche. Moralité, si on est intelligent, on ne peut être riche que malhonnêtement.

Epilogue : avec cette nouvelle dynamique de richesse, Pierre-Paul ne va pas rompre avec ses engagements vis-à-vis des plus démunis : au contraire, il va les amplifier. Moralité finale : seul le don gratuit transcende et donne un sens à nos richesses terrestres et humaines.

Petit bémol sur la vraisemblance, mais bien commode pour le scénario, le brillant avocat d’affaires Serge Trichereau, se fait prendre sur une banale affaire de moeurs. En réalité, la prudence absolue sur laquelle se fonde son expertise, ne pouvait faire défaut, y compris, dans une affaire de mœurs non passionnelle. Principe basique de psychologie élémentaire.

La chute de l’empire américain****

Scénario, acteurs, montage… tout est bon. Dans la salle, les rires fusent en permanence.

Autre aspect, le film montre une liberté parfois insolente vis-à-vis de la pensée unique : critiquer les « paradis fiscaux » quand on est soi-même un « paradis fiscal » est savoureux (nombre de tours de Quebec ou Montréal –comme Paris ou La Défense – qui sont propriété de fortunes anonymes, saoudiennes, américaines ou chinoises… Autre cas encore plus flagrant : « si vous battez votre femme au Canada c’est un grave délit poursuivi par la loi ; il vaut mieux patienter un peu et aller faire cela au Pakistan, c’est très bien vu  et on va même vous y encourager ! ». La critique du brutal sexisme islamique et de l’hypocrisie occidentale est évoquée sans détour !

La chute de l’empire américain****
La chute de l’empire américain****

Le point de vue d’Annie

Un film drôle, qui oscille entre polar, comédie sentimentale, satire sociale aussi. Le tout avec cet accent québécois qui est si truculent et qui donne aux dialogues une saveur délectable. Le côté polar du film et est très réussi avec de vrais méchants,  des policiers sincères et tenaces, et des complices hauts en couleur.

Comédie sentimentale aussi car notre philosophe va tomber amoureux....de son escort girl prénommée Aspasie comme l’amie de Périclès et Socrate. Ce qui fera réserver le film aux adultes car le premier rendez vous avec Aspasie est disons ....explicite.

La chute de l’empire américain****
La chute de l’empire américain****

Enfin, « la chute de l’empire américain » est aussi une satire sociale. Car notre philosophe livreur, éclairé par la philosophie voit et regarde autour de lui. Il constate le sort de ceux que la société du profit dédaigne ou ignore. Comme par exemple les nombreux Inuits, qui à Montréal dorment dehors. Et il agit : au sein d’une association qui sert des repas aux personnes sans domicile fixe. La façon dont il va devoir ruser pour écouler ses billets, à la barbe du gouvernement, est aussi à travers le prisme de la comédie, un terrible constat de corruption organisée. Il implique de nombreux partenaires à travers les grandes capitales de la planète, solidaires en arnaque. 

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B
Assez savoureux dans son jus et subtilement interprété avec un scénario lucide sur les paradis fiscaux.
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