Jusqu’ici tout va bien
Film de Mohamed Hamidi
la critique radio d'Annie :
Un scénario qui démarre plutôt bien: pour échapper à une sanction pour fraude fiscale, le patron d’une agence de com’ parisienne doit déménager ses bureaux et ses employés dans le pire quartier de La Courneuve : voitures brûlées, racket à tous les étages… Le film va mettre en scène la rencontre entre deux univers. Celui du patron, Frédéric Barel, sûr de lui, c’est Gilles Lellouche. Et celui de Samy, Malik Benthala, un jeune vaguement maître chien qu’il est obligé d’embaucher et qui sert de caution à son installation. A partir de là, se met en place une comédie qui joue sur le registre des oppositions entre les valeurs des uns et des autres.... Vous avez dit valeurs ? Sauf que, finalement l’argent, la magouille semblent bien être le fonds de commerce commun : le patron imaginatif expliquant aux dealers qu’ils vendraient mieux leur shit, avec un chouette packaging.... Les mafieux volant au secours du même patron lui glissant dans les mains une belle enveloppe bourrée de billets.
Je suis restée mal à l’aise avec des personnages caricaturaux, figés, et un scénario aux rebondissements hautement improbables. Ce qui dans une comédie est bien sûr tout à fait possible, à condition de respecter justement les personnages. Ce qui n’est pas le cas ici. La comédie donne aussi une liberté de ton qui permet la critique, ou en tout cas l’analyse si décalée soit-elle. (Par exemple comme dans le film « la chute de l’empire américain »). Alors que là on a justement des comportements très « téléguidés » : les gentils caïds, les gamins racketteurs aux grands sourires, la famille émigrée au grand cœur, qui donne des leçons d’éducation au père débordé, la collaboratrice un peu perchée qui idolâtre tout ce qui est exotique.... Le talent des comédiens n’est pas en cause, mais bien les personnages.
Restent des moments, des situations drôles et on rit, mais (Ah ! les paires de Louboutin tombées du camion à 50 euros la paire !) dans « Jusqu’ici tout va bien » chacun abandonne toute réflexion, tout repère et se contente de faire des profits. Mohamed Hamidi semble nous dire : tous gentils, tous pourris, il faut bien se débrouiller. La « paix sociale » serait donc à ce prix ? Rien n’est moins sûr !
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