Un homme pressé***
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Film de Hervé Mimran
La critique d'Annie :
Comédie dramatique où Fabrice Luchini bafouille allègrement, il fallait oser ! Côté scénario....et bien disons qu'il faut passer sur quelques invraisemblances,
Cet homme pressé c'est Fabrice Lucchini tout à fait antipathique et brillant, égoïste et génial, capricieux et orgueilleux. Il mène sa vie à toute allure avec brio. Mais un AVC le laisse diminué, incapable de s'exprimer correctement. C'est avec courage qu'il va se battre....sans accepter cette fragilité nouvelle qui pourtant lui offrirait peut-être de nouveaux horizons.
L'histoire est directement inspirée de celle de Christian Streiff, ex patron de PSA terrassé par un AVC en 2008.
Le réalisateur le rencontre: " On s’est vu plusieurs fois. Je l’ai convaincu que je ne raconterai pas sa vie mais une histoire inspirée de sa vie. Quand il a enfin accepté, on a passé plusieurs après-midi ensemble pour que je puisse récolter le maximum d’infos concernant sa maladie et le monde de l’entreprise. Raconter le destin d’un homme d’influence qui a fait les beaux jours du CAC40 ne m’intéressait pas plus que ça, à priori. Mais lorsque Christian m’a confié qu’à 20 ans, son désir profond était d’être acteur mais que ses parents l’en avaient empêché, l’être humain derrière le grand patron s’est révélé. C’est une brèche passionnante à creuser quand on est scénariste, rendre attachant quelqu’un qui à priori ne l’est pas. J’ai quand même réalisé le rêve de Christian, je lui ai donné un petit rôle dans le film dans la séquence du Pôle Emploi !"
J'ai trouvé l'ensemble du film plaisant, drôle. Plaisant car Luchini est très bien entouré par Leïla Bekhti dans le rôle de Jeanne, l'orthophoniste qui va soutenir non sans mal, ses efforts. Rebecca Marder incarne sa fille avec beaucoup de présence et de justesse. On ne reste pas indifférent à cet homme atteint dans sa communication. Diminué, perdu, il perd un statut social qui lui tient lieu d'identité.
C'est une jolie réflexion sur la fragilité, sur les relations humaines particulièrement le lien père/fille.
Drôle aussi car ces écarts involontaires de langage sont cocasses, et le talent de Luchini est réel même quand ses propos sont incohérents. Donc un film agréable, bien fait et qui peut donner à réfléchir sur notre fragilité humaine.
Le point de vue de Fred* :
Il y a aussi une belle séquence, vers la fin, lorsque Jeanne (Leila Bekhti), abandonnée à la naissance, parvient à retrouver sa mère génitrice. En ces temps de "droit à l'enfant" et de bourrage de crâne pour la PMA, souligner ainsi l'importance des racines génétiques et de ce lien affectif fort est une bouffée d'air pur...
A part ce moment, j'ai beaucoup moins aimé "L'homme pressé". Les suites de l'AVC avec des mots inversés en mode "verlan rebeu"... ça dure quand même 1h40 !
La grande faiblesse du film est au niveau du scénario. C'est un peu décousu avec des séquences temps très inégales : au début on est presque en temps réel, puis on saute de séquence en séquence en alternant presque mécaniquement domicile / hôpital / rue / cabinet de l'orthophoniste.. Cela donne une impression de longueur... L'histoire est aussi complètement invraisemblable. Faire intervenir un malade de ce niveau en conférence de presse au Salon de l'Auto de Genève, c'est fort ! Autre exemple, alors que Alain (Fabrice Luchini) est incapable de retrouver son chemin dans un rayon de 300 mètres de son domicile, il va faire le chemin de St Jacques, comme un grand, sans problème, vers la fin du film !
Les fans de Luchini seront sans doute ravis. J'avoue que je le préfère dans des séquences plus classiques où sa diction marquée est à sa place. Dans l'homme pressé, il est au centre en on ne voit que lui...
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