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Mc Fred

Cinéphile, architecte, réalisateur vidéo, peintre, animateur et consultant........................... J'aime le Vrai, le Beau, le Bien, le Bon..............77 017 visites depuis l'ouverture du blog. Goûtons l'instant présent !

Publié par Mc Fred

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Film libanais de Ziad Doueiri

L’insulte****
L’insulte****

Toni (Adel Karam) est mécanicien dans la banlieue de Beyrouth, sa jeune femme Shirine (Rita Hayek) va bientôt accoucher. Ils sont tous deux chrétiens. Pour Toni, la « page » de la guerre civile de 75-91 n’est pas encore tournée. Il se repasse en boucle les discours d’époque de Béchir Gemayel, fustigeant les palestiniens. A l’occasion de travaux de rénovation de sa rue, il croise Yasser (Kamel El Basha) qui dirige une équipe d’ouvriers. A cause d’un différent stupide, la tension monte et Yasser traite publiquement Toni de « sale con ». Mais Yasser est palestinien, réfugié au Liban depuis les années 80...

L’insulte****
L’insulte****

Immédiatement c’est l’escalade. Toni exige des excuses et la situation se dégrade, on en vient aux mains. Toni est blessé. Le film va alors dérouler, presque en vraie grandeur, les minutes du procès qui oppose les deux hommes. L’affaire s’envenime, la presse s’en mêle et les meurtrissures entre chrétiens et palestiniens vont se ré-ouvrir. Le pays entier est à nouveau au bord de la guerre civile. Y aura-t-il une issue à cet emballement mimétique de violences qui trouve son origine dans un passé lointain, que les deux hommes, mais aussi chrétiens et palestiniens croyaient enfoui ? Ne dit-on pas que le soleil se lève à l’Est…alors l’espoir est peut-être permis ?

L’insulte****
L’insulte****

« L’insulte » est un film magistral. Scenario impeccable, les acteurs sont remarquables, très vrais. L’histoire dissèque en profondeur ces couches successives de blessures, puis de malentendus qui enferment chacun des deux protagonistes. Le procès va de rebondissements en surprises, mené avec « brio » par les deux avocats. Le suspens est bien mené.

L’insulte****
L’insulte****

Avec « L’Insulte » nous sommes au fond du cœur de l’homme, là ou se pose la question du bien et du mal, celle du pardon ou de la vengeance. Le cinéaste nous montre avec subtilité l’appel à s’ouvrir –et à souffrir- ou la tentation de se refermer, de se durcir, jusqu’à tout faire exploser.  Le dilemme éternel de l’homme...

A voir et à re-voir…

 

L’insulte****

Le mot d'Annie..

Juste quelques mots pour compléter l’analyse de Frédéric : « Nous sommes au Proche Orient, c’est ici qu’est né le mot haineux » cette phrase est lancée par un des avocats, au cours de la plaidoirie, qui oppose les deux plaignants, Toni et Yasser, et qui rythme le film et n’est pas dénuée d’humour… parfois.

Enfin, me revient à l’esprit l’invitation de St Jean Paul II à « purifier les mémoires ». C’est aussi tout ce qui donne à ce film un ton universel, car à travers les conflits vécus au Liban, c’est bien la difficile démarche du pardon qui est au cœur du propos.

« Le pardon, c’est une cicatrisation. Ce n’est pas un oubli. La cicatrice demeure, mais elle est fermée. Ne pas pardonner c’est laisser la plaie ouverte. Et à partir de là, tous les évènements de notre vie sont comme des grains de sel qui vont dans cette plaie et ça fait mal. Pour moi, pardonner et se savoir pardonné, c’est une question vitale. C’est une question de vie ou de mort ».  Père Régis Gourrier

 

L’insulte****

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B
Les tensions communautaires qui minent le Liban (mais aussi tant d’autres pays) sont si palpables dans ce très beau film. Mais au-delà de ces tensions, deux hommes de camp opposé et au lourd passé s’affrontent. Les acteurs sont remarquables. Une magnifique leçon de morale et de civisme. Un film que l’on reçoit comme une gifle qui secoue et secoue encore. Le pardon et la réconciliation ne peuvent être que la seule issue…
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