3 Bilboards, les panneaux de la vengeance, *
Film de Martin Mc Donagh (2018)
Sur la petite route en partie désaffectée, qui mène à sa petite ville Ebbing dans le Missouri, Mildred Hayes (étonnante Frances McDormand) a l’idée d’utiliser trois énormes panneaux délaissés par la publicité. Elle va y faire inscrire quelques mots vengeurs qui proclament la lâcheté et l’incompétence du chef de la police locale qui n’a pas retrouvé les assassins de sa fille.
Cette initiative inattendue va secouer beaucoup de choses à Ebbing.
Mildred réussira-t-elle à retrouver le meurtrier. Vers la fin du film il semble que cela approche. Mais qu’en sera-t-il à la fin ?
3 bilboards est bien mené, bien mis en scène et fort bien joué. Il y a cependant sur la fin quelques longueurs. A voir en VO, bien sur.
Par contre c’est très noir et désespéré. Les personnages, à commencer par Midred sont empêtrés dans le ressentiment, dans la vengeance et la réciprocité mimétique. La méchanceté et la violence monopolisent l’écran. Les rares personnages qui en échappent sont soit fallots, soit un peu improbables comme le nouveau shérif noir.
Le point de vue d'Annie
Une surprise pour moi est de constater que ce film de Martin Mac Donagh a reçu à la Mostra de Venise le prix du meilleur scénario…..
Bien, reprenons. Il aurait sans doute mérité celui de la meilleure photo (Ben Davis) ou celui de la meilleure BO (Carter Burwell) même celui de la meilleure décoratrice (Inball Weiberg) mais avouons que celui du meilleur scénario me laisse perplexe……
La direction des acteurs est bonne et ceux ci servent leur personnage avec une belle richesse d’expression, de sentiments, leur jeu (particulièrement celui de Sam Rockwell et Frances Mc Dormand) est fin et s’exprime avec une large palette d’émotions.
Mais hélas le scénario semble écrit à la hache !
Sans nuance, il enferme les personnages dans des stéréotypes peu crédibles : le flic psychopathe et sa mère « abrutie », la femme blessée à tout jamais par la mort ignominieuse de sa fille, l’ex mari entiché d’une jeunette à moitié stupide (elle confond polio et polo !) et un fond de personnages secondaires…tout aussi peu crédibles.
Ils se cognent les uns aux autres dans une grande violence visuelle, sans qu’on puisse vraiment s’attacher à eux…..Faute de les comprendre.
Bref, ce film se veut-il une caricature outrée de l’Amérique profonde…. ?
De toute façon il reste pour moi un brillant exercice cinématographique….dont le scénario reste confus, inachevé et …..obscur !
Et pour qui aime les salles obscures…c’est un comble peu recommandable.






