Victoria °
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Film de Justine Triet (2016)
Victoria est une séduisante avocate parisienne. Elle va devoir défendre un de ses amis, impliqué dans un drame passionnel assez tordu. Le scenario déroule l’histoire des faits jusqu’au procès. C’est très bien joué, Virginie Efira est une Victoria très convaincante (même si son métier d’animatrice télé reste prégnant. Quand on la voit, on se dit, « Tiens je la verrai bien présenter le 20h »). Mention spéciale pour Vincent Lacoste déjà repéré dans « Hippocrate » et même Melvil Poupaud (l’ami accusé) qui incarne parfaitement le côté obsédé sexuel déjanté de son personnage.
A part cela c’est le néant absolu, le film aurait pu se nommer avec à propos « La nausée » ou « On a touché le fond », voire « Les abysses du désir ». On baigne dans le sexe malsain du début à la fin : l’objet du procès et surtout Victoria. L’héroïne de ce film éponyme est effectivement paumée et broyée par sa vie affective. Séparée du père de ses deux filles, elle recrute sur internet des gigolos qui ont pour mission de lui rappeler qu’elle a un corps. Comme cela ne marche pas elle tente aussi de séduire les baby-sitters en frôlant le harcèlement sexuel...Peine perdue, consultations psy, voyance, burn-out et panique se succèdent… Le nombrilisme narcissique de Victoria, comme des autres personnages mène au chaos. Au milieu de cette confusion, ses deux filles livrées à elle même font n’importe quoi, accompagnées à chaque fois de l’adulte présent qui, déguisé de façon grotesque, en rajoute dans la régression infantile et le comportement adulescent.
Tout ça pour ça ? C’est bien le seul bénéfice de 50 ans de libération sexuelle ? Pilule, avortement et maintenant délit d’entrave numérique ? Cela devait libérer les femmes et rendre les gens heureux. Tout cela pour accoucher des cette plongée aux enfers ? Viennent des temps nouveaux…!
Ne croyez pas que Victoria soit un procès en creux de ce que je décris plus haut. A en croire les rires de certains spectateurs, on est dans le graveleux et on n’en sort pas.
Pour la forme, le film s'articule en une suite de scènes inachevées montées les unes à là suites des autres, en utilisant des répétitions qui ne font pas avancer les spectateurs: Les rendez vous chez le psy, chez la voyante......l'intrigue elle même ne se renouvelle pas: En effet le nœud du départ est cette relation calamiteuse entre son ami accusé et sa partenaire. La encore le scénario n'évolue pas. Enfin, le plus marquant est qu'il y avait matière à une satire féroce et drolatique de la justice (un chien et un chimpanzé sont convoqués lors du procès...) mais on passe à côté et l'ensemble du scénario reste figé sur le personnage de Victoria et ses errances....Dommage.
A l'évidence, le chroniqueur de mon hebdo préféré qui qualifiait ce film de "Réjouissant" devrait prendre un peu de repos.. Bref, film à éviter ou à fuir…



