Frantz ****
Film de François Ozon (2016) Article vu 513 fois
Une petite ville allemande en 1919. Anna a perdu son fiancé Frantz à la fin de la guerre ; tous les jours elle va fleurir la tombe. Ce jour là elle constate qu’elle n’est pas seule. Un jeune français Adrien, vient aussi régulièrement au cimetière. Quelle est sa motivation ? Quel est donc son secret ?
Dans la petite ville, la présence du français suscite de vives réactions. Peu a peu la mémoire de Franz va rapprocher Anna et Adrien. L’interêt du film se trouve en partie dans le mystère d’Adrien et dans le suspens très bien maîtrisé. Je n’en dis pas plus…
Il y a aussi de belles remarques sur ces périodes tragiques de guerres franco-allemandes. « Nous avons armé nos enfants ; nous les avons envoyé à une mort certaine. Et de l’autre côté de la frontière c’est pareil » dit le père de Franz à ses amis qui eux aussi ont tous perdu un ou deux fils.
A noter également une belle réflexion sur le pardon, avec une séquence édifiante dans le confessionnal.
Le film est remarquable. D’abord, le scénario très écrit et très bien mené, nous tenant en haleine par des rebondissements successifs : le secret d’Adrien, la réaction d’Anna qui hésite entre rupture et pardon puis la recherche d’Adrien. Le ressort dramatique est maintenu jusqu’à la dernière image. Le rythme sobre et lent est très adapté. Les personnages d’Adrien et Anna sont purs, édifiants dans leur rectitude, leur générosité et leur sens du devoir.
Le choix des acteurs est très bon, Pierre Niney campe un Adrien dans toutes les nuances de son personnage, mystérieux, complexe, fragile, discret…Paula Beer, quant à elle colle très bien à Anna, blessée par la perte de son fiancé, mais aussi courageuse et forte.
« Frantz » est tourné en noir est blanc, car l’histoire se déroule en 1919. Les images sont très soignées, avec notamment une utilisation fine du flou environnant lors des gros plans sur les visages. Les dialogues sont en allemand et en français. A voir en VO sous-titrée, bien sur.






