L'amour toujours...
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De l'ombre à la lumière…
Quelques réflexions sur trois films vus dernièrement :
- Qu'est ce qu'on a fait au Bon Dieu de Philippe de Chauveron
- Homesman de Tommy Lee Jones
- Ida de Pawel Pawlikowski
Qu'est ce qu'on a fait au bon Dieu ***
Demi-teinte.
Tutoyant presque les 10 millions d'entrées en 10 semaines, "le Bon Dieu", est devenu "un phénomène de société" sur lequel toute la bien-pensance médiatique se penche avec étonnement. L'amalgame avec le score historique (hystérique ?) du FN était trop attendu pour ne pas être fait.
Si "Qu'est ce qu'on a fait…" est d'abord un film plutôt bien fait et bien joué, on est quand même loin du chef d'oeuvre. Couple quinqua bourgeois-catho aux quatre filles ravissantes, les Verneuil (un Christian Clavier, égal à lui même et l'excellente Chantal Lauby) doivent se plier aux mœurs du temps.
Les 4 filles vont successivement épouser, un musulman, un juif, un chinois et enfin un catholique noir. Avec le dernier, la coupe est pleine... d'où la remarque des Verneuil qui donne son titre au film. Le film rassemble tous les lieux communs sur les travers des différentes cultures. Chacun en prend pour son grade. Point de "racisme" ici puisque les quolibets se croisent et donc se neutralisent. D'un certain côté, on respire : on a encore le droit de dire des conneries, "raciales" ou pas ; on a encore le droit de faire des comédies à la "Rabi Jacob" sans risquer la Cour Européenne des Droits de l'Homme !
The Homesman ***
Ténèbres
Avec the Homesman, (le rapatrieur) on change d'univers et on va toucher le fond. Lassée de ses recherches infructueuses de mari, Mary Bee (Hilary Swank) accepte une mission invraisemblable. Il s'agit de raccompagner sur la côte Est des Etats-Unis pour les rapatrier, trois femmes que les rudes conditions du grand ouest ont poussé à la folie.
Elle va faire la route avec un vieux baroudeur, Georges Briggs (un Tommy Lee Jones démoli à souhaits) et affronter courageusement les pièges de la route (nuits glaciales et déserts torrides, peaux-rouges terrifiants et bien sur les trois folles). Le couple improbable avec Georges sera-t-il la réponse à la quête de Mary ? A suivre...
De magnifiques paysages, une très belle interprétation des deux acteurs, mais un climat de désespérance très lourd. C'est noir jusqu'au bout...
IDA****
Lumière.. ,Jeune orpheline juive polonaise, Ida est confiée à un couvent de Soeurs. A sa majorité, assez naturellement elle s'oriente vers la vie religieuse. Humbles et prudentes, les supérieures lui demandent d'éprouver sa vocation en allant "dans le monde".
Après avoir découvert et testé cette "autre vie", Ida retourne au couvent. Pour elle c'est là sa vraie vie. Tourné en noir et blanc ce film est un régal pour les yeux : parfaitement filmé, cadre et monté, il est de plus fort bien joué, Ida campe bien son personnage innocent et ouvert. Sa tante Wanda (Agata Trzebuchowska) est très convaincante en vieille apparatchik. Le film, à travers Ida dégage une pureté vivifiante, qui contraste avec l'univers communiste oppressant et absurde.
Ida ou l'anti-Philomena.
27 juin 2014



