9 mois ferme ****
le dernier Dupontel, tendre et déjanté
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Ariane (Sandrine Kiberlain) juge d'instruction un peu coincée, mais rigoureuse et intelligente, a organisé son existence comme un dossier à instruire. Satisfaite d'elle-même et plutôt carriériste, rien n'est laissé au hasard ; elle est particulièrement fière d'avoir évité le piège classique du mariage. Elle en voit tous les jours les affres dans les affaires de mœurs.
Un coup de pompe durable l'amène à consulter et à découvrir qu'elle est enceinte de trois mois. Après une recherche ADN pour identifier le géniteur, elle doit rapidement admettre que le père n'est autre que Bob (Albert Dupontel), un truand recherché pour meurtre. Situation pour le moins scabreuse...
Ce qui se présente comme un honnête scenario bien ficelé, devient entre les mains d'Albert Dupontel un monument burlesque. Le parcours d'Ariane pour connaître et accepter la réalité s'apparente à un chemin initiatique ponctué de rencontres avec des personnages surréalistes, le collègue amoureux transi, le médecin boucher-légiste, le gynéco, l'avocat bègue (excellent Nicolas Marié), le lieutenant de police, etc. L'ensemble très bien mené et déjanté à souhait est d'une drôlerie ininterrompue. Mention spéciale pour Jean Dujardin dans le rôle de la doublure TV pour sourd-muet. Dans la salle du Gaumont pleine à craquer, les rires et fous rires ne tarissaient pas.
Derrière la farce, se dessine aussi une morale tendre et saine : après la tentation de l'avortement, l'accueil de l'enfant puis la naissance du sentiment maternel pour finir par la connivence délicate et inattendue du truand et du juge, tous deux repentis. Débarrassés de leurs démons, ils s'ouvrent à l'essentiel.
Côté photo, c'est de bon niveau avec des effets de caméra qui soulignent le propos. C'est écrit avec ce qu'il faut d'humour et de clin d'œil complice. Justice et police en prennent pour leur grade, mais ce n'est jamais outré, cela paraît même plutôt vraisemblable.
Un dernier opus d'Albert Dupontel, toujours aussi barré que les précédents, mais ici sans doute plus sérieux sur le fond et plus maîtrisé. Un excellent moment de détente et de rires.
Frédéric de Butler Dimanche 20 octobre 2013


