L'écume des jours ** vite soporifique
Film de Michel Gondry. Article vu 154 fois
Porter à l'écran les pages mythiques de Boris Vian était une initiative aussi séduisante que risquée.
Passer de cette prose surréaliste, universellement connue (par son inscription dévote au "Top-Ten" des profs de Français) au cinéma se révèle un véritable gâchis.
J'avais gardé de cette lecture de classe de seconde, la nostalgie floue d'un bouquin finalement assez captivant et tendre. Ah, Chloé et son nénuphar...!
Filmé, montré, mis en image (avec beaucoup d'innovation, il est vrai) le propos perd vite son mystère. Les dix premières minutes sont dépaysantes et captivantes par la débauche créative, qui rappelle un peu le monde absurde et poétique de "Mon oncle". En fait, Un fabuleux clip de 10 minutes ou la surprise est de chaque instant.
Ensuite, cela sent vite le réchauffé et la décrépitude programmée de l'ensemble devient vite lourde. La perte progressive de la couleur pour le noir et blanc renforce se sentiment d'overdose narcotique...vivement la couette ! Dans la salle certains ronflaient...
Tout cela donne envié de relire "l'écume des jours" au risque de trouver le livre démodé et finalement plutôt quelconque.
Côté acteurs, Romain Duris, qui gagnerait à se payer une séance d'orthodontie, est trop ordinaire pour ce rôle décalé, idem pour Audrey Tautou, un peu mièvre aussi. Problème de casting ?
N'oublions pas Philippe Torreton, le grand inquisiteur de Depardieu, d'un ridicule consommé dans son interprétation de Partre. Il s'y croit le mec !
Pour le reste, ce sont plutôt de bonnes pioches, l'excellent Gad Elmaleh, la très convaincante Aîssa Maîga, sans oublier la très honnête prestation d'Omar Sy.
Moralité, preferez plutôt une bonne tisane de tilleul ou une balade les pieds dans l'eau, voire plus si affinités.
Frédéric de Butler 10 mai 2013
