Ma Mère, Dieu et Sylvie Vartan ***
Film de Ken Scott 2025 Article vu 247 fois
En 1963, Esther (Leïla Bekhti ) met au monde Roland, petit dernier d’une famille nombreuse. Roland naît avec un pied-bot qui l’empêche de se tenir debout. Contre l’avis de tous, elle promet à son fils qu’il marchera comme les autres et qu’il aura une vie fabuleuse. Dès lors, Esther n’aura de cesse de tout mettre en œuvre pour tenir cette promesse. À travers des décennies d’épreuves et de miracles de la vie, ce film est le récit d’une histoire vraie, drôle et bouleversante, celle d’un destin incroyable et du plus grand amour qui soit : celui d’une mère pour son enfant. Pour incarner Roland enfant c’est Naïm Jali, puis Jonathan Cohen qui lui prêteront leur visage.
Il s'agit de l'adaptation du roman éponyme de Roland Perez (2021)
La critique d’Annie
Avec ce drôle de titre, j’étais un peu sceptique sur l’intérêt du film qui semblait osciller entre comédie, drame familial, et franchement que venait faire Sylvie Vartan dans ce méli-mélo ?
La construction du scénario est centrée sur le personnage d’Esther, mais il prend le temps de restituer la vie de cette chaleureuse famille juive dans le Paris des années 70 avec beaucoup de soin, et la reconstitution est parfaite. Tout comme les jeux des acteurs, parmi lesquels on retrouve dans des rôles secondaires Jeanne Balibar qui incarne l’autorité des services éducatifs et sociaux alertés par l’absence de scolarisation de Roland, mais aussi Anne le Ny, en rebouteuse compatissante. Dans cet univers familial, la télévision va jouer un grand rôle et on retrouve les shows des vedettes de l’époque comme Joe Dassin ou… Sylvie Vartan bien sûr, qui marquera de ses tubes l’enfant immobilisé sur son lit, et dont toute la famille, voisines comprises reprennent les paroles.
Le scénario, après un démarrage que j’ai trouvé un peu répétitif, nous offre des surprises et des coups d’éclat dans l’aventure de Roland qui, porté par l’amour indéfectible de sa mère va pouvoir en effet aller à l’école en marchant comme tout le monde.
Pourtant, il me semble qu’il serait incomplet de s’en tenir à cet aspect du film. Car Roland adulte devra affronter la vie, avec ses joies et ses deuils, ses échecs et ses bonheurs, ce qui n’est pas facile encombré qu’il est par la présence d’Esther omniprésente. Je n’ai pu m’empêcher de faire un rapprochement avec « la promesse de l’aube » de Romain Gary où l’on trouve cette phrase qu’on peut appliquer au film de Ken Scott : « Avec l'amour maternel, la vie vous fait à l'aube une promesse qu'elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu'à la fin de ses jours. »
Nos chemins d’humanité sont divers, marqués de nos expériences familiales, professionnelles sentimentales. Ce film nous immerge dans une histoire familiale, dominée par l’amour exorbitant d’une mère. le fils pour accéder à l’âge adulte , devra le contenir afin de vivre sa propre vie. Bon scénario, excellente interprétation, bons seconds rôles. Un film grand public réussi.
/image%2F0490460%2F20250404%2Fob_a395ef_affiche.jpg)
/image%2F0490460%2F20250404%2Fob_9d36a2_1.jpg)
/image%2F0490460%2F20250404%2Fob_108aaf_3.jpg)
/image%2F0490460%2F20250404%2Fob_f79107_2.jpeg)
/image%2F0490460%2F20250404%2Fob_1cd016_5.jpeg)
/image%2F0490460%2F20250404%2Fob_f93420_4.jpg)