Sarah Bernhardt, la Divine **
Film de Guillaume Nicloux (2024)
Le 22 février 1915, la première star du monde, Sarah Bernhardt (Sandrine Kiberlain) est amputée au-dessus du genou à la suite d'une gangrène. Avec son compagnon Lucien Guitry (Laurent Lafitte) à son chevet, ils évoquent le temps passé, quand la comédienne, en 1896 est au sommet de sa gloire. Icône de son époque et première star mondiale, la comédienne est aussi une amoureuse, libre et moderne. Connue sur les cinq continents, elle incarnait un défi constant aux usages et aux conventions. Découvrez la femme derrière la légende.
La critique d’Annie.
Un film brillant, scintillant des fastes de cette femme mondialement connue née en 1844 et morte en 1923. Une vie foisonnante de passions d’amants, d’amantes, de drames et de fêtes, de rire et de larmes.
Sur la forme : pour l’incarner le choix de Sandrine Kiberlain est judicieux. Son physique s’y prête et son jeu très contrasté servi par des dialogues vifs et acérés servent bien le personnage de cette comédienne. Ses caprices, son excentricité, sont bien restitués. Son passé, d’enfant délaissée et de courtisane est évoqué.
C’est à Paris que se déroule l’action du film, tout en rappelant les tournées triomphales de celle qui a croisé, et souvent de manière très proche, de nombreuses célébrités comme Victor Hugo, Oscar Wilde, Emile Zola, Edmond Rostand et bien d’autres.
Tout cela est évoqué dans le film luxuriant de Guillaume Nicloux, sa mise en scène est à la hauteur par le soin apporté aux costumes, étoffes, coiffures, costumes…Les dialogues sont souvent drôles et les comédiens excellents.
Le film s’ouvre sur l’année 1915, Sarah Bernhardt âgée de 70 ans est amputée de la jambe droite en raison d’une tuberculose osseuse du genou. Et dès cette ouverture, nous comprenons l’incroyable volonté de cette femme prête à remonter sur scène. Elle fait face avec un humour digne et décapant, à l’opération et ses suites.
Puis le scénario va remonter le temps, et c’est là que j’ai été déçue car l’intrigue se concentre sur ses relations tumultueuses avec Lucien Guitry (qui d’ailleurs ne sont pas forcément avérées). Le talent de Laurent Lafitte qui l’incarne, n’est pas en cause, mais déployer la vie de cette comédienne hors norme uniquement à travers le prisme de sa vie sentimentale m’a semblé réducteur.
Certes, il reste une scène intéressante ou elle prend des décisions sur les décors d’une pièce, et fait répéter une jeune femme avec une rare exigence, mais nous ne la verrons jamais sur scène. Quel dommage, ce parti pris est simplificateur. Même si nous la voyons prendre parti dans le procès et la condamnation du capitaine Dreyfus, plusieurs aspects de cette personnalité très au fait de la vie sociale de son temps sont absents. Sans doute y avait-il trop à dire, mais c’est justement tout l’enjeu de l’écriture d’un scénario.
Pour résumer : excellente interprétation de Sandrine Kiberlain, une mise en scène soignée et chatoyante. Mais un récit qui manque de souffle. Dommage.
A réserver aux Adultes.
NANTES : passe au Cinéma Katorza
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