Juré n°2 ***
Film de Clint Eastwood (2024) Article vu 207 fois
Le film se déroule aux USA, à Savannah en Géorgie.
Justin Kemp (Nicholas Hoult) est sélectionné comme juré aux côtés d'autres citoyens dans le procès très médiatisé de James Sythe (Gabriel Basso) pour le meurtre présumé de sa compagne.
Marié avec Alisson (Zoe Deutch) et futur père de famille, Justin va rapidement se retrouver aux prises avec un grave dilemme moral lorsqu'il découvre qu'il est peut-être à l'origine du crime. Doit-il se protéger ou dire ce qu’il sait ? Le procès va se dérouler avec plusieurs rebondissements jusqu’à la scène finale.
Ce film est sans doute le dernier de Clint Eastwood (94 ans). On suit durant presque deux heures ce procès prenant. On peut trouver le temps long, mais c’est le réalisme du procès. L’affaire est conduite comme un véritable thriller.
C’est très bien mené avec un bon suspens jusqu’à la dernière image. Celle-ci m’a d’ailleurs inspiré une remarque… et s’il y avait une suite… ?
Le film est remarquablement interprété, tant du côté de Justin et Alisson, excellent Nicholas Hoult et Zoe Deutch, que du coté de la procureure et de l’avocat. On sent une direction d’acteur rapprochée et très précise de Clint Eastwood.
Un bon film à voir. Interdit aux moins de 13 ans aux USA.
Le point de vue d'Annie
Sur la forme : la mise en scène est ici très classique et rappelle les films judiciaires. J’ai bien sur pensé à celui de Sydney Lumet, « 12 hommes en colère » sorti en 1957 avec Henry Fonda, qui parvient à changer la perception d’un jury alors que tous les membres sauf lui, sont persuadés de la culpabilité de l’accusé.
Ici, dans Juré n°2, la mise en scène s’articule aussi autour du procès avec ses différentes étapes, comme le choix des jurés. C’est une première partie qui permet de mettre en place les circonstances de la mort de la victime. Le spectateur fait connaissance avec les différents membres du jury, de la procureure, Faith Killbrew, interprétée par Toni Collette. J’ai trouvé cette séquence un peu longue. Comme si le scénario hésitait sur les éléments à porter à notre connaissance. Des personnages secondaires vont « disparaître » dans une seconde partie, plus resserrée.
L’intrigue se déplace et le film prend une dimension plus ample, que j’ai trouvée beaucoup plus maitrisée : elle va reposer sur le choix, pour Justin, de dire ce qu'il sait au risque d’anéantir sa vie et celle de sa famille. On est au cœur du film.
Sur le fond : le suspens repose sur l’incroyable talent de Nicholas Hoult que la caméra cerne avec intensité, mettant le spectateur au cœur de ses hésitations, au cœur de ce dilemme : « la vérité est-elle juste ? ». La force du film est d’emmener le spectateur à se poser la question et à le laisser y répondre. Car la reconstitution de la soirée où la victime va trouver la mort, se fait en parallèle avec les hésitations des deux personnages principaux. Justin, mais aussi la procureure qui après avoir chargé l’accusé s’ouvre au doute.
Juré n°2 est un film très intéressant qui pose un problème moral ou la liberté humaine se retrouve confrontée à poser ou pas un choix qui sera douloureux. Ma réserve sur une première partie un peu longue étant posée, j’ai pris un réel intérêt à suivre les méandres de ce thriller moral. Ce film sert une réelle réflexion sur l’exercice difficile de la vérité et de la justice. Il est servi par d’excellents acteurs.
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