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Mc Fred

Cinéphile, architecte, réalisateur vidéo, peintre, animateur et consultant........................... J'aime le Vrai, le Beau, le Bien, le Bon..............77 017 visites depuis l'ouverture du blog. Goûtons l'instant présent !

Publié par Mc Fred

Film de Viggo Mortensen   (2h09)                Article vu 108 fois

Jusqu'au bout du monde ***

L’Ouest américain des années 1860 est une terre d’aventure et de romance. Holger Olsen (Viggo Mortensen), immigré d’origine danoise, séduit Vivienne Le Coudy (Vicky Krieps), Québécoise un peu farouche. Une bicoque en bois isolée dans une vallée aride devient leur nid d’amour. Olsen décide de s’engager quand éclate la guerre de Sécession, dans l’espoir de revenir entier avec sa solde de soldat. Vivienne reste seule dans un environnement hostile. Un monde d’hommes, peuplé de personnages qui sont autant d’archétypes. Le maire corrompu. Le propriétaire terrien omnipotent et son fils bon à rien sinon à semer la terreur. Elle paiera le prix de son indépendance. Un voile mélancolique couvre les flash-back qui remontent le fil d'une histoire d'amour et de mort.

Jusqu'au bout du monde ***

Un western de 2024 sensiblement différente des films auxquels nous étions habitués. En effet nous sommes plongés dans cette fin du XIXe siècle aux côtés des personnages. On prend conscience de la réalité du terrain, des conditions assez sommaires de vie à la campagne, malgré de très beau paysages. Le film est tourné au Mexique. 

Petite curiosité, le titre « Jusqu’au bout du monde » qui avait déjà servi pour un film de Wim Wenders, est étrange pour le film. Le titre anglais n’a rien à voir : «The Dead Don’t Hurt » . que l’on peut traduire par « Les morts ne blessent pas » évoque, sans doute,  le début du film avec l’image d’une femme gisant dans son lit.

Jusqu'au bout du monde ***

La critique d'Annie

Plein ouest pour cette chronique, plus précisément de la Californie vers le Névada. En effet Viggo Mortensen nous entraine dans un superbe western que j’ai beaucoup apprécié. 

C’est donc à travers leur histoire de couple que le scénario habilement écrit va se dérouler, dans des paysages,  magnifiques. On y retrouve les thèmes classiques du western, comme cette avancée vers l’ouest sauvage, mais aussi le développement des petites villes sous la férule du maire corrompu, le conflit entre l’application d’une justice expéditive et le respect des lois, l’aspiration à une vie paisible et l’appel de la guerre. 
En effet la guerre de Sécession même si elle n’est qu’un élément du récit à toute son importance dans l’histoire de Vivienne et Olsen. 
Le film offre un habile découpage de leur histoire justement et prend le temps de camper de vrais personnages auxquels on s’attache et qui nous entraine dans leur vie. C’est un film qui demande de l’attention par sa construction, puisque les séquences du début nous dévoilent une partie de la fin,  ce qui ne nuit aucunement au suspens, car je dirai que le scénario va au delà de l’histoire de ce couple. Le personnage de Vivienne est remarquablement bien écrit et interprété avec force et subtilité par Vicky Krieps. Elle grandit avec des racines ancrées dans la belle figure de Jeanne d’Arc, et celle d’une famille aimante et attentive. Ce détour par l’enfance donne de l’épaisseur à son personnage. Brisée et humiliée, elle restera intègre en elle même. 

Jusqu'au bout du monde ***
Jusqu'au bout du monde ***

Le réalisateur Viggo Mortensen précise : 
« Je voulais que Vivienne, le personnage joué par Vicky Krieps, soit indépendante et forte, mais d’une façon subtile, intérieure. Elle réagit à un monde dominé par les hommes et prouve, parfois sans parole, qu’elle est la plus forte, psychologiquement, émotionnellement. Pour parvenir à transmettre cette bataille au-delà des mots, il fallait une grande actrice comme Vicky. » Je ne peux que souscrire à ces propos. En ajoutant que le réalisateur qui interprète Olsen est tout aussi convaincant dans la complexité de cet homme, plus âgé qui aspire à la paix et part pour la guerre.  

Comme dans tout western, Il y a aussi des sales types, que l’alcool rend violents, vraiment violents. Mais là encore le scénario habilement ne se déroule pas de façon conventionnelle. 
Et je crois que c’est dans cette construction du scénario que le film de Viggo Mortensen puise sa force visuelle. A partir d’une trame de western assez classique, il élabore une histoire qui dépasse le genre et donne à son film une force qui justement va au delà de l’histoire. 

Un très bon film, à voir sur les grands écrans, par ce que le cinéma c’est pour voir la vie en grand ! En famille avec des grands ados. 

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