Un métier sérieux ***
Film de Thomas Lilti (2023) Article lu 120 fois
C’est la rentrée. Une nouvelle année scolaire commence dans un collège. A cette occasion vont se retrouver Pierre (François Cluzet), Meriem (Adèle Exarchopoulos), Fouad, Sophie, Sandrine (Louise Bourgoin), Alix et Sofiane, une équipe d'enseignants engagés et soudés.
Ils sont rejoints par Benjamin (Vincent Lacoste), jeune professeur de Math remplaçant. Ce dernier, ayant peu d’expérience est rapidement confronté aux affres du métier.
Avec ses collègues, il va découvrir combien la passion de l’enseignement demeure vivante, dans une Éducation Nationale fragilisée.
Ce film est une plongée très actuelle dans le milieu des collèges et de leurs professeurs. Pour moi, les souvenirs directs, remontent aux années 1970 (et encore, dans l’enseignement libre) J’avais donc envie de voir ce film, après avoir vu la bande annonce, pour effectuer une mise à jour de mon expérience scolaire.
Le film déroule une série de scènes très réelles. On est plongé dans le collège, au cinéma, donc « en réalité virtuelle ». C’est très bien mené et enchainé, donc sans doute bien écrit et scénarisé. Par contre, il n’y a pas d’intrigue, de fil directeur qui va peu à, peu s’éclairer avec la progression du film. On reste sur une immersion « dans la vraie vie » sans volonté de romancer. Ce n'est pas un roman... c'est la vie !
On retrouve un petit clin d’œil aux process envahissants. Lors de l’alerte incendie, les deux nouveaux professeurs n’ont pas été véritablement initiés. On leur a expliqué en deux mots et puis remis un document de 40 pages, qui n’a bien évidemment pas été lu. C’est ce que Pierre-Yves Gomez appelle « l’emballement gestionnaire » : une hypertrophie des docs écrits, que plus personne ne regarde… Mais qui peuvent être sorti comme argument déterminant si on arrive au procès. (Le droit juridique qui reste souverain, malgré son inaccessibilité pour 99% des citoyens… ( !!).
Belles découvertes pédagogiques et (mises à jour) pour les profanes que nous sommes. Avec l’utilisation des nouvelles technologies, d’Internet et aussi d’éléments qui sont très visuels. Par exemple, quand Benjamin, parle de sphère, il utilise une orange pour visualiser le concept et les calculs.
Côté casting, c’est bien vu. Vincent Lacoste est parfait. Idem pour toute l’équipe de François Cluzet à Louise Bourgoin (remarquable Sandrine).
Adèle Exarchopoulos (Meriem) est excellente. Par contre, elle me semble un peu décalée pour ce type de rôle. Elle a une présence et une énergie de combat qui était très ajustée dans « Bac Nord » et qui est sans doute moins « réaliste », comme prof de Maths, dans le film.
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