Jeanne du Barry **
Film de Maïwenn (2023) Article vu 350 fois
Film d'ouverture du dernier festival de Cannes, « Jeanne du Barry » a fait son effet.
Jeanne Bécu, dite aussi Jeanne Gomard de Vaubernier, une jeune femme d’origine modeste, cherche à s’élever socialement en utilisant ses charmes. Son mari, le comte du Barry, qui s’enrichit largement grâce aux galanteries lucratives de Jeanne, la présente au Roi, Louis XV, avec l’aide du Duc de Richelieu. Le Roi s’éprend de sa nouvelle conquête et décide d’en faire sa favorite officielle.
Une belle distribution. Maiwenn en Jeanne du Barry est très bien et son visage typique n’est pas gênant, car personne ne se souvient du visage de la comtesse du Barry.
Johny Depp est un Louis XV possible et assez bien joué. Par contre, le visage de Louis XV pouvant être encore familier est éclipsé par celui très connu de Johny Depp … et cela reste gênant en voyant Louis XV de l’associer à la pub de DIOR « Sauvage » ou du pirate des Caraïbes...
Le film est une plongée réussie dans cette fin de XVIIIème, de 1768 à 1774. Tourné à Versailles, il reste assez authentique ainsi que le protocole très rapproché du Roi.
J’ai apprécié les très beau plans fixes sur le château et le parc, ainsi que la lelle musique de Stephen Warbeck. Par contre, le scenario reste assez lisse, et met surtout en scène, autour de la relation entre le Roi et sa favorite, le quotidien de la cour, les papotages des courtisans.
Coup de chapeau à Benjamin Lavernhe, en Jean-Benjamin de La Borde, il est excellent et très vrai.(1)
(1) Fils d'un banquier fort riche, Jean-Benjamin de La Borde devient en 1762, premier valet de chambre et favori de Louis XV, qui en fait un fermier général.
J’ai apprécié également la très belle figure du futur Louis XVI et de Marie-Antoinette. Il est présenté avec du caractère et de la bienveillance. Il aurait sans doute évité 1789 s’il y avait été préparé (2). Et le film se termine par une belle évocation de son avènement : « le Roi est mort ! Vive le Roi ! »
(2) La soixantaine venue, Louis XV aurait dû parer à l'éventualité de sa disparition subite. Si, imitant l'exemple du Régent, son grand-oncle, il avait initié le dauphin, son petit-fils, à l'art de régner, notamment en le faisant entrer au Conseil du roi dès ses dix-huit ans, Louis XVI aurait, évidemment, été mieux armé pour assumer sa succession, et d'abord pour choisir le ministre principal qui convenait.
Le point de vue d'Annie :
Il est parfois complexe d’écrire une critique ! En effet les éléments factuels d’un film ne suffisent pas toujours à s’en faire une opinion claire. Ce qui fut mon cas pour celui-ci.
Les éléments factuels : un cadre magnifique , celui de Versailles. Une qualité indéniable de jeux et de direction d’acteurs. A commencer par Benjamin Lavernhe, qui sert remarquablement son personnage. Le film lui doit beaucoup je trouve. Melville Poupaud, Pierre Richard en entremetteurs complices de Jeanne sont parfaits. Et Johnny Deep est un louis XV crédible, hanté par le salut de son âme. Qualité de la photo signée Laurent Dailland, Et pour une fois, le portrait du jeune dauphin le futur Louis XVI, est celui d’un jeune homme vaillant et courageux.
Malgré la trajectoire un brin sulfureuse de Jeanne, il n’y a pas d’images de débauches ou de scènes crues. Voilà pour les faits…
« Je pense que l’émotion est plus palpable dans une forme classique que dans une forme moderne, et dans cette histoire d’amour, l’émotion est primordiale » Maïwenn
C’est peut-être la limite du film : rester dans une mise en scène classique, et jouer une Jeanne du Barry très contemporaine qui est confrontée à l’hypocrisie des codes d’une cour servile décadente crée un déséquilibre qui pour moi, éloigne justement toute émotion.
Fallait-il, que la réalisatrice interprète le rôle titre ? J’ai trouvé que le côté très actuel du jeu de Maïwenn, prenait justement trop de place par rapport à cette mise en scène trop classique. Pour conclure, cette réalisation talentueuse reste dénuée d’émotion, de pep’s, d’entrain.
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