West Side Story****
film de Steven Spielberg (2021). Article vu 128 fois
J’ai revu le film de 1961 de Robert Wise début décembre. « Impossible de faire mieux » fut ma conclusion.
Steven Spielberg l’a fait !
On ne présente plus West Side Story. Le film de Spielberg reprend exactement les mêmes éléments, décors, scénario, danses et bien sûr la superbe musique de Léonard Bernstein.
L’histoire
Nous sommes au milieu des années 50 dans les quartiers ouest de New York, en pleine transformation. Des vieux immeubles du siècle dernier sont abattus pour créer un nouveau quartier « sélect » . Tous les habitants ont quitté les lieux sauf les « exclus » et notamment la communauté portoricaine et un mixte d’anciens immigrés irlandais, polonais etc. Comme toute « zone sensible » elle a ses bandes , ici les « jets » (immigrés européens) et les Sharks (portoricains) . L’enjeu est la suprématie et le contrôle de ce territoire… et les batailles s’enchainent. Dans ce cadre de « racailles » va naître un amour merveilleux entre Maria, jeune Portoricaine et Tony, jeune issu de l'immigration polonaise.
Un opéra lyrique
Le film de Spielberg est plus réaliste que celui de Robert Wise. C’est un vrai drame lyrique, là ou le film de 1961 gardait un petit côté « bon enfant » malgré le côté dramatique de l’histoire. La version 2021 est plus vraie, notamment dans les combats comme dans les dialogues entre les personnages. En allant plus loin, j’ai trouvé un côté opéra lyrique quand le premier restait une magnifique comédie musicale.
La direction d’orchestre de Gustavo Dudamel (1) a sans doute appuyé ce côté musical de grande qualité. Comme pour le premier film, les acteurs notamment Ancel Elgort dans le rôle de Tony ou Rachel Zegler dans celui de Maria sont les véritables chanteurs… et c’est magique.
Les chorégraphies sont ici aussi au top. Une justesse une coordination, une symphonie de couleurs. Selon les séquences c’est un régal pour les yeux.
Une illustration de la mimétique du conflit
Avec la rivalité, provocations et surenchères existants entre les Jets et les Sharks, on retrouve l’emballement mimétique de la violence si bien décrit par René Girard (2). C’est toute la trame de l’histoire qui aboutit à une succession de meurtres jusqu’à ce que l’amour triomphe, avec le pardon et laisse entrevoir, avec la dernière image le coup d’arrêt de cette violence.
La dimension spirituelle entre Tony et Maria
Dans le film de Spielberg, c’est, à genoux, devant un cierge et un vitrail, que Maria et Tony échangent leurs consentements, avec les mots mêmes prononcés dans un mariage « je te reçois comme époux (se), et te promet fidélité, dans le bonheur comme dans les épreuves… ». Dans le film de Robert Wise, cette séquence se déroulait à la sortie du travail de Maria.
On retrouve évidemment cette dimension spirituelle dans le pardon qui met un terme à la haine entre les deux clans.
Bonne séance… « Tonight, It all began tonight »
(1) Jeune chef issu de l’orchestre Simon Bolivar du Venezuela (intégration par la musique classique de jeunes défavorisés)
(2) Anthropologue et Philosophe qui a écrit de nombreux livres sur le désir mimétique et la violence (Des choses cachées depuis la fondation du monde).
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