Gloria Mundi***
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Film de Robert Guédiguian (2019)
La tête de la petite Gloria envahit l’écran. Elle vient tout juste de naître. Chez Mathilda (Anaïs Demoustier) et Nicolas, son conjoint c’est la joie. Le lendemain, toute la famille est réunie pour célébrer l’évènement… sa maman, Sylvie (Ariane Ascaride) et son beau-père Richard (JP Daroussin), sa sœur Aurore et son beau-frère Bruno. Le contexte du film est aussi planté.
Nous allons suivre les différents personnages dans leur quotidien de « travailleurs ». Sylvie est employée au ménage d’un hôpital puis d’une compagnie de Ferrys, Richard est conducteur de bus à la RTM (Régie des transports de Marseille), Mathilda enchaine les CDD sans concrétiser et Nicolas, son mari, est « chauffeur UBER ». Par contre pour Aurore, et Bruno, son copain, c’est la vie d’entrepreneurs : ils sont dans le « cash » (rachat à bas prix et revente à bon prix) et dans la réparation électronique de récupération.
Peu à peu le job des uns et des autres va se durcir, exploser ou changer. Nous suivons ces rebondissements Gloria Mundi c’est un peu du Ken Loach à la française. Focus sur les obscurs et les sans grade. Toute la palette y passe... Et la vie n’est pas simple entre Mathilda un peu fataliste et aigrie, Nicols, son mari, maladroit et naïf, Richard résigné et bien peu motivé. La seule qui fait preuve de courage, de liberté et d’initiative est la mère, (excellente Ariane Ascaride). Nous avons droit à quelques séquences assez sympas ou elle tient tête non pas à son patron... mais au délégué CGT. Elle lui fait remarquer au passage que comme Délégué Syndical, il est protégé et n’a rien à craindre.
Deux personnages se dégagent du lot, Daniel, le père de Mathilda qui sorti d’un long séjour carcéral, y a gagné en paix, en philosophie et s’est même révélé des talents de poète. Le beau frère Bruno (impressionnant Grégoire Leprince Ringuet), avec ses magasins et son atelier de travail au noir, est d’une noirceur très profonde. Le bon et le méchant ne sont pas a priori ceux que l’on croit.
Dans ce monde difficile, les quelques séquences avec la petite Gloria sont exquises, de sa naissance à ses différentes et brèves apparitions.
Côté scénario, jeux des acteurs, photo et montage, Gloria Mundi est un bon film. C’est très réussi et les deux heures s’écoulent s’en y prendre garde. Un gros bémol, quand même, le côté ignoble de Bruno l’est aussi côté sexe. On a droit a quelques séquences, qui sans être de la pornographie, sont à vomir. Cette remarque amène à réserver le film à des adultes.







