Le grand bain***
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Film de Gilles Lellouche
La critique d'Annie :
Gilles Lellouche nous emmène à la piscine, côté grand bain, pour suivre un groupe de quinqua plutôt …désorientés.
La joyeuse bande décide de se préparer pour les championnats du monde de natation synchronisée masculine. Eux, si décalés dans la vie vont s’astreindre à se caler parfaitement les uns aux autres sous la houlette d’une coach. Cette dernière elle-même n’allant pas très bien sera remplacée par une jeune femme handicapée aux méthodes très énergiques.
Côté casting c’est excellent, Gilles Lellouche s’entoure d’une vraie troupe de comédiens, donnant à chacun une partition « confortable » : Benoit Poelvorde en flambeur ruiné, Jean Hugues Anglade en artiste sans public, Matthieu Amalric est un chômeur dépressif, Philippe Katherine est un balourd un peu borné, Guillaume Canet un homme blessé dans son histoire familiale….et du côté féminin, les personnages sont eux aussi bien travaillés.
Ce film est réussi et intéressant dans la mesure où chaque personnage perdu dans ses responsabilités, conjugale, parentale, sociale essaie de se recadrer une image positive. Cette inaptitude est filmée avec respect et aussi beaucoup d’humour ce qui donne au film un ton léger derrière la gravité des situations. Grâce à la cohésion du groupe, ils vont affronter avec courage ce championnat du monde, un défi inouï auquel ils sont les seuls à croire avec leurs coachs.
Les acteurs sont très exposés dans leur rôle, n’ayant plus de costume au sens propre, puisqu’ils se retrouvent au bord d’une piscine ou dans l’eau. Il a fallu sans doute beaucoup de complicité entre eux et le réalisateur pour qu’ils s’abandonnent ainsi.
Pour toutes ces raisons le film fonctionne bien et quelques spectateurs l’ont applaudi dans la salle, ce qui est assez rare au cinéma. On peut alors penser une fois de plus, comme le disait François Truffaut que « le cinéma c’est la vie ». Que le cinéma rend compte de la société ce qui semble ici le cas avec « le grand bain ».
Sous la fragilité des personnages on rencontre des pères désemparés : « je suis fidèle à mes rêves » explique Jean Hugues Anglade à sa fille exaspérée par son manque de talent. Le fils de Matthieu Amalric est, quant à lui, méprisant pour ce père sans travail depuis deux ans. L’épouse de Guillaume Canet est quasi muette devant ses colères.
Le recours au cannabis et aux médicaments ne suffit plus, ils en sont tous conscients et avec courage vont remontent la pente. Guidés enfin, par un idéal ils vont être capable de relations vraies. Ainsi se dégage une morale en creux, qui nous montre combien nous sommes des êtres blessé, assoiffés d’idéal et de transcendance.




