I feel good****
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film de Benoît Delepine et Gustave Kervern
La critique d'Annie
Regardez l’affiche : Jean Dujardin en peignoir et mules sur le bas côté d’une autoroute. Il rejoint en fait sa sœur Monique qui gère une communauté Emmaüs. Monique c’est Yolande Moreau, magnifique dans sa simplicité et son bon sens. Lui c’est Jacques, un sale type qui ne pense qu’à s’enrichir. Mais comme lui commande sa sœur « commence par débarrasser ton assiette » Car ce petit frère est vraiment un condensé de stupidité avaricieuse ! Et son idée de génie pour être au top et avoir enfin sa loge à Roland Garros va nourrir un scénario excentrique et décalé très réjouissant !
Ce film est plein de trouvailles très drôles : la Simca 1000 de 52000 kms, Dujardin avec son manteau en peau de lapin année 70, la voiture Logan customisée en limousine de luxe, un pédiatre centenaire rivé sur son fauteuil, un voyage en Bulgarie plein de rebondissements c’est le moins qu’on puisse dire ! Bref, on rit beaucoup, on sourit et on suit le projet low cost de Jacques alias Dujardin avec curiosité ? Comment tout cela va-t-il finir ?
Et là vraiment le film attrape une dimension pleine de tendresse, car tout de même l’abbé Pierre n’est pas loin…. En effet, Monique gère une communauté Emmaüs. Et Jacques qui en fait le moins possible et tente de placer son projet pour enfin devenir riche avec une mesquinerie consommée, tente de convaincre celles et ceux qu’il croise à la communauté. Avec des formules creuses, des phrases toutes faites du style « tout ce qui ne tue pas, ne nous rend pas mort » ou invente des propos décalés que l’abbé Pierre « aurait pu dire. »
Le film est écrit dans un langage cinématographique très particulier : beaucoup de gros plans, des séquences de musiques au fond des entrepôts, posés là comme des parenthèses de poésie qui rythment la vie des compagnons. Les deux acteurs principaux, Yolande Moreau et Jean Dujardin sont parfaits et ils laissent la place aux autres comédiens.
Cette communauté Emmaüs de Lescar près de Pau existe vraiment et c’est là que Benoit Delépine et Gustave Kervern ont tourné, ce qui donne au film une belle ouverture sur les compagnons, leur fragilité, et aussi leur joie, leur attention aux autres, leur générosité.
Une belle séquence clôt le film, remplie d’humour festif. Prenez le temps de taper dans votre moteur de recherche Emmaüs Lescar et vous verrez la belle fête organisée pour l’avant première du film, et complétez cette approche en allant au cinéma voir I Feel Good. Pour adultes et adolescent.






