Patients ****
Film de Grand Corps Malade et Mehdi Idir (2017) Article vu 592 fois
D’après le livre éponyme, « Patients » retrace un an en centre de rééducation pour Benjamin, dit « Ben » (Pablo Pauly), devenu tétraplégique à la suite d’un accident. Largement autobiographique, le livre comme le film retracent l’histoire même de Fabien Marsaud, polytraumatisé, qui petit à petit va se reconstruire et s’orienter vers la musique et le cinéma en prenant le nom de « Grand Corps Malade ».
« Patients » est une véritable « expérience ». On partage de très près le quotidien de Benjamin, mais aussi des autres patients, Farid, Steeve, Toussaint et Samia. Avec les premières images le spectateur « est dans la peau » de Ben, vision floue, personnel médical qui se penche sur lui, vision prolongée du plafond… Petit à petit Ben fait connaissance avec son nouvel univers. Il est accueilli par les autres pensionnaires : « Bienvenue chez toi… »
Pablo Pauly est bluffant dans son interprétation de Ben. Avec les premières images, je me suis dit « ils sont gonflés d’avoir pris un tétra comme acteur » tellement cela semble vrai. Les autres acteurs sont aussi très vrais. Le scenario est efficace. C’est bien mis en scène, sans effet, ce qui contribue à donner cette impression de « vérité ».
Les équipes soignantes sont aussi décrites avec beaucoup de bienveillance. Patience bonté, délicatesse, et exigence de ce personnel totalement dévoué. Le personnage du kiné (Yannick Renier) est très attachant.
Patients est un très beau film. A travers l’expérience de Ben et de ses compagnons, c’est une belle leçon de courage qui est donnée. Une leçon de vie ou les fondamentaux de notre quotidien ont disparu :
- la « vérité » est terrible et pour certains encore méconnue, « est-ce que je vais guérir » ?
- la « liberté » n’est plus. On est 100% dépendant.
Il n’y a pas d’autre solution que de « lâcher prise », de s’en remettre totalement aux autres et à la providence. Et ce faisant, ils sont joyeux, ils plaisantent. On retrouve cette lumière intérieure du très beau film récent « Les Mistrals gagnants ». Le côté sombre n’est pas absent. Les épreuves sont rudes, comme l’amertume et la tentation du désespoir chez Steeve. Mais c’est toujours le côté lumineux qui l’emporte.
Si vérité et liberté sont très bousculées, la fraternité, en revanche est omniprésente. Quand Ben dit « frérot » à Toussaint c’est profondément vrai. Rires, bonne humeur plaisanteries fusent. On ne se prend pas au sérieux. On se chambre gentiment mais sans méchanceté. Les personnes sont « authentiques ». En vérité avec elle-même et privées de leur liberté, elles cultivent une réelle « liberté intérieure ».
Interview Grand Corps Malade : LIVE - Grand Corps Malade et Mehdi Idir dévoilent Patients
Découvrez l'interview exclusive de Grand Corps Malade donnée à AlloCiné pour le film Patients
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