Manchester by the sea***
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Nous sommes dans le Massachusetts et non en Angleterre. Le film nous raconte l’histoire de la famille Chandler. Lee (Casey Affleck) perd son frère Joe (Kyle Chandler) à la suite d’un arrêt cardiaque ; il est désigné comme le tuteur de son neveu. On apprend que Lee est employé comme concierge sur Boston. Visiblement il a pris quelques distances avec sa petite ville natale et son passé. Avec le décès de son frère et la responsabilité de son neveu, ce passé ressurgit.
Lee semble souvent absent et sujet à des coups d’humeur extrêmement violents.
Les soirées solitaires de Lee sont imbibées de bière… Il semble indifférent à toute émotion…
Un soir, dans un bar une ravissante jeune fille par maladresse renverse sa bière sur son blouson….et tente vainement de « briser la glace »…Peine perdue, Lee reste là, inerte, sans prononcer un mot.
Et c’est finalement là que se joue tout le film, dans cet espace vide avec ce personnage qui reste « anesthésié ».
Le poids du passé du remords et de la culpabilité dessine un cercle lancinant duquel on a peine à sortir. Cela reste sombre, lourd et désespéré, froid comme le climat et la neige qui jonche le sol.
Le film se déroule comme un roman. C’est très construit et très soigné. Les personnages sont bien campés. C’est une vraie tranche de vie.
C’est un poil mélo, mais très bien vu. On peut y trouver parfois certaines longueurs.
Casey Affleck est parfait dans ce rôle d’homme brisé, avec son regard de travers et sa moue permanente. Rares sont les sourires qui éclairent son visage..
On est dans ce film, comme dans un livre. C’est à dire qu’il développe une véritable atmosphère très soignée dans les décors, les vues de l’océan, les personnages secondaires bien campés et la révélation progressive des liens entre les personnages.
On accepte alors de se laisser mener dans les rues enneigées de Manchester et dans les histoires de vie de chacun.
Avec délicatesse, l’écriture cinématographique très soignée, avec de fréquents retours dans le passé, nous donne avec toute la complexité du parcours de Lee, un cheminement d’où l’espérance n’est pas absente…






