Marguerite ***
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Film de Xavier Giannoli (Quand j’étais chanteur, 2008)
L'aventure commence alors que le réalisateur entend à la radio l'air de la reine de la nuit (1) interprété par une artiste qui chante totalement faux. Il s'agit de Florence Foster Jenkins, une américaine des années 40, qui aurait inspiré à Hergé le personnage de la Castafiore.
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(1) Air célébrissime de l'opéra "la flute enchantée" de Mozart..
Il décide alors d'en faire un film et de confier le rôle à Catherine Frot.
Marguerite, la Baronne Marguerite Dumont, est une riche héritière, passionnée de musique et d'opéra, qui a l'occasion des gala de charité qu'elle finance largement, chante quelques airs d'opéra. Compte tenu de sa position, personne ne lui a jamais dit qu'elle chantait faux, et visiblement elle ne s'entend pas et est persuadée du contraire.
L'histoire se passe après la première guerre mondiale, dans le Paris des années 20. La reconstitution historiques de ces années folles est soignée et bien dépaysante : effervescence artistique de l'époque, dadaïsme, boîtes de jazz endiablées, etc...
Si le propos désoriente, car écouter Marguerite chanter est un réel supplice, l'invraisemblable déroulement de sa carrière dresse un tableau sévère de ses admirateurs : flatteurs, mystificateurs, profiteurs, manipulateurs, etc. Le comique de la situation est toujours mêlé d'une certaine amertume vis-à-vis de ces comportements indécents.
"Marguerite" est aussi une belle histoire d'amour entre les deux époux, qui malgré les coups tordus de la vie veulent continuer à s'aimer. Si Marguerite chante, c'est pour qu'Il fasse attention a elle. Et s'il s'en détourne, c'est justement à cause de ses manies qui s'apparentent de plus en plus à de la folie...
Un film en demi-teinte avec un sujet ambitieux et dérangeant, mais une réalisation et une distribution impeccables. Catherine Frot est très convaincante dans son interprétation de Marguerite. Le réalisateur a aussi voulu que son film baigne dans la musique. Nous avons droit à de belles pages lyriques, chantées avec beaucoup de talents par un vrai chœur et de vrais artistes.
Petite réserve néanmoins, le réalisateur s'est senti obligé de pimenter son propos de personnages et de scènes du plus mauvais goût.
N'est pas Fellini qui veut.






