Gone Girl ****
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Nick (Ben Affleck) vit le grand amour avec Amy (Rosamund Pike). Elle est belle, intelligente, écrivain adulé, lui beau gosse charmeur. Coup de foudre, ils se marient à New-York.
Avec le temps, l’égoïsme à deux trouve ses limites et peu à peu le couple se fissure.
Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, Nick rentrant chez lui doit se rendre à l'évidence : sa femme a disparu. Des traces de lutte dans la maison laissent craindre le pire. Il appelle la police et va mettre tout en œuvre pour retrouver Amy.
Mais petit à petit, de victime, il devient très vite le suspect numéro un.
Et pourtant...
David Fincher signe ici un thriller haletant. Adapté du roman de Gillian Flynn, "Apparences" il nous entraine dans 2h30 de suspens tout "Hitchcockien", flash back, découvertes, rebondissement. Tout cela avec une maîtrise minutée et implacable. C'est très bien fait. La distribution est très ajustée, notamment Rosamund Pike.
Cette jeune actrice Britannique avait fait une entrée remarquée au cinéma, dans le rôle de l'agent Miranda Fox dans le 20ème James Bond, "Meurs un autre jour". Dans "Gone Girl" elle est parfaite dans le rôle d'Amy Dunne, avec une étonnante plasticité de l'expression, écrivain charismatique, femme impétueuse, puis désespérée et hagarde.
Ben Affleck dont le jeu un peu plat est souvent critiqué, est parfait dans le rôle ambigu de Nick Dunne. Et le suspens dure jusqu’à la fin : le film se termine sans dénouement véritable. Ce diable de Fincher nous préparerait-il une suite comme "Gone Girl, go-back" ?
À suivre.
Fincher n'épargne pas les médias qui en prennent pour leur grade, notamment la télé. Surfant sur l'actualité immédiate la vérité se fait et se défait au grès des rebondissements de l'affaire. Et les journalistes sont d'une hypocrisie assumée.
Certain observateurs ont pu voir dans le film une critique du mariage. Effectivement, ici, la passion originelle cède vite la place à la désillusion, et le mariage devient pesant. Mais de quel mariage s’agit-il ? De l’ersatz contemporain qui "officialise l’amour" ou de l’engagement à vie d’un homme et d’une femme "pour s’aimer durablement, accueillir les enfants fruit de leur amour et assurer à ces derniers une famille stable".
L’ersatz, fondé sur du sable, comme dans "Gone Girl" se délite au premier coup de vent, le second, fondé sur le roc se renforce et se bonifie avec le temps.
Frédéric de Butler (36 ans de mariage… ;-)
20 octobre 2014
Réserves : Un thriller est rarement une leçon de morale ; Gone Girl n'échappe pas à la règle. Pris littéralement le scenario est un cauchemar. Pris avec la distance inhérente à toute histoire romancée, c'est excellent.
NB : C'est quand même trash et certaines scènes sont très dures et nous font réserver le film aux adultes.




