Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Frédéric de Butler

Article vu 212 fois

film de Cheyenne-Marie Carron (2016)

Patries ****

Sébastien (Augustin Raguenet) vient d’emménager dans un pavillon de banlieue avec son père aveugle de naissance et sa mère. Très rapidement il se fait de nouveaux copains parmi la bande de blacks du quartier, notamment avec Pierre d’origine camerounaise (Jackee Toto). Dans cette relation entre jeunes, très vite se révèle un fort racisme de la part des blacks, racisme entre eux (il se traitent de « négros » ou de « bounty »), et racisme anti-blanc car on voit immédiatement que Sebastien n’est pas bienvenu.

Patries ****
Patries ****

Le cœur du film se focalise ensuite sur Pierre, qui déraciné est en quête d’identité, de racines, de « patrie » d’où le titre du film. Il est tiraillé entre cette France qui l’a accueilli enfant et qu’il rejette et l’Afrique rêvée et idéalisée qui lui apparaît comme sa véritable patrie. 

Patries ****

Petit bémol, il y a quelques longueurs, notamment lorsque l’intrigue se focalise longuement sur Pierre. Le film dure pratiquement 2h. En 1h30 il aurait gagné en rythme et en impact. 

Mais, c’est bien fait, il y a de très belles séquences comme la descente en skate-board les bras en croix,  avec « Anima christi » en fond sonore. C’est très bien joué, notamment Sébastien, Pierre et la bande de copains.

 

Patries ****

Les dialogues sont intégralement en langue djeun’s « eh gros !  « mon frère… » « c’est stylé, etc.. ». Cela confère au propos un côté très authentique. Le film est aussi très écrit. La confrontation noir blanc est élégamment relayée par un parti pris esthétique : le film est en noir et blanc. On peut noter la grande qualité de la photo et des cadrages qui nous placent toujours au cœur de l’action et des personnages. 

Patries ****

La réalisatrice, Cheyenne-Marie Carron nous avait déjà gratifié d’un très beau film : « l’Apôtre ». Avec « Patries » elle montre l’étendue de ses capacités et déjà une belle maturité de réalisation. D’origine kabile, adoptée par une famille de catholique pratiquants, elle incarne une belle synthèse entre ces mondes si différents. 

Patries ****

En 2014, le Centre national du cinéma et de l'image animée a refusé de subventionner deux scénarios de la réalisatrice indépendante Cheyenne Carron. Elle a donc décidé de ne plus présenter ses scripts à ce centre car elle en avait assez des refus. La cinéaste a financé " Patries" avec les recettes gagnées grâce aux ventes des DVD de son précédent film, L’Apôtre.

En conclusion : faites de la pub pour ce film.  Achetez le DVD, offrez-le. Organisez des séances de ciné-club. Démarchez les cinémas de quartier pour qu’ils diffusent le film. 

 

Frédéric de Butler 19 avril 2016

Pour acheter le DVD : 

Commenter cet article