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Publié par Frédéric de Butler

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Un film de Térence Malick, surtout depuis « Tree of life », c'est vraiment « autre chose » qu'un film habituel. Pour certains, c'est très déroutant ; lors de ma séance au Gaumont, trois personnes ont quitté la salle. 

"A la Merveille" ***'  : contemplatif et énigmatique.

Très séduit par la bande annonce, j'ai trouvé l'opus complet moins facile. C'est une longue méditation sur l'amour, « cet amour qui nous aime ». On suit un couple (Ben Affleck et Olga Kurylenko) qui se trouve, se sépare, se retrouve, se déchire le long de cette quête continue d'un amour fusionnel. Parallèlement cette quête est aussi celle d'un prêtre (Javier Bardem), qui cherche, doute, patiente, et finalement retrouve la paix dans son contact avec les plus démunis. Cette fusion associe aussi les forces de la nature, l'eau, le ciel, la terre. Comme pour l'homme et la femme, la terre se trouve, se quitte, se retrouve, se déchire.

"A la Merveille" ***'  : contemplatif et énigmatique.

Le film tient du poème symphonique. C'est très beau. J'ai apprécié ses images magnifiques, notamment cette façon de filmer l'eau ou certains paysages (le parc du château de Versailles au petit matin). Le rythme du film, images, plans, voix, musiques est lent ; c'est un rythme quasiment « sophrologique » un peu déroutant, mais plutôt agréable si on s'y laisse prendre. C'est très bien joué, les acteurs sont sans doute intelligemment dirigés. C'est aussi un hymne à la femme ; on partage son dialogue intérieur, on suit son corps qui danse. L'homme, son conjoint, est relégué au second plan. Il est exclu de cette communion cosmique ; pour y associer l'homme, Malick a plutôt choisi le personnage du prêtre. On accompagne ce dernier à travers sa solitude, ses doutes, puis sa lente fusion au Christ. De nombreuses interrogations renforcent le caractère « mystique » et non-rationnel du film : le retour en France à l'expiration du visa US ; le naufrage de la seconde histoire d'amour (Rachel Mc Adam's) ; le retour final en France de la femme. Egalement la succession des épisodes sans que soit évoqué le temps qui s'est écoulé entre eux, renforce ce flou dans les repères.

« A la Merveille » reste un film étrange et apaisant. De façon inattendue, cela ma donné envie de revoir « le Nouveau Monde ».

Frédéric de Butler                                                                                           10 mars 2013

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