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Publié par Mc Fred

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Film de Tarik Saleh (2017)

Le Caire confidentiel***

Le commandant Noureddine se trouve investi d'une enquête crapuleuse. Dans une chambre du Hilton du Caire, une chanteuse est découverte assassinée. Une femme de chambre soudanaise a vu le meurtrier.

Le Caire confidentiel***

L'enquête simple au premier abord se complique car le suspect principal fait partie de l'entourage du président Moubarak. D'autres meurtres vont suivre. Le spectateur est plongé dans un thriller haletant.

Le Caire confidentiel***
Le Caire confidentiel***

Le Caire confidentiel, clin d'œil au L.A. confidential de 1997, nous plonge aussi au cœur d'une société égyptienne corrompue en profondeur. On peut dire que Le Caire est en soi un des personnages du film. Camera et bandes son rendent très bien ce fourmillement incessant de la ville, accélération, claxon, crissement de pneus, clameurs…

Le Caire confidentiel***
Le Caire confidentiel***

L'action se déroule sur fond de "printemps arabe", le commissariat étant proche de la place Tahrir.

Bien mené, très bien interprété, un suspens jusqu'au bout.

Un film à voir.

Le Caire confidentiel***

Le point de vue d’Annie

Si vous aimez le polard noir (vraiment noir !) ne manquez pas le détour par le Caire.

Une autre raison est aussi de retrouver une dimension du cinéma, qui est celle du témoignage, du regard « politique ».

 

Donc côté polard : tous les ingrédients sont réunis : des flics ripoux,  un magnat de la finance, un photographe indélicat, des femmes fatales, des clubs de rencontre (d’où les femmes fatales !), un tueur froid comme une lame de couteau…..et des vraies « gueules » de cinéma, genre Lino Ventura ou Michel Constantin.

 

Une intrigue assez classique : le meurtre d’une jeune chanteuse dans un hôtel de luxe, un témoin gênant, un policier qui va finir par se poser des questions malgré sa hiérarchie très complaisante.

Mais le film va filer vers un propos plus grave, en abordant la situation des travailleurs clandestins africains par exemple. Le réalisateur va nous faire entrer dans cet espace de la grande pauvreté, de l’exploitation où les relations entre les personnes sont réduites à la survie…

Le personnage principal Noureddine Mostafa est incarné par Farès Farès à qui il prête ce visage blasé, marqué par la tristesse désabusée d’une vie ratée et mesquine. Mais là encore, le basculement se fait peu à peu au rythme du film : ce personnage ira plus loin que prévu dans le désenchantement.

Ce glissement du film, au scénario, encore une fois assez classique, se fait dans la poussière et la pollution des quartiers populaires du Caire, avec le bruit, les couleurs de la capitale égyptienne.

Seulement voilà, nous sommes en janvier 2011.  Et ce qui a échappé au scénario, puisqu’il n’en a pas été question, les personnages étant trop enlisés dans leurs histoires, va les bousculer de plein fouet : le 25 janvier c’est la fête de la police, mais la révolution démarre justement, pour mettre fin au régime du président Moubarak…..

 

Et nous voici donc dans cette autre dimension du film : l’exercice est, je trouve, très réussi et utilise bien la richesse, du cinéma, de la fiction pour aborder la réalité.

Je ne sais pas si le régime du président Moubarak était aussi corrompu, mais cette manière de permettre l’irruption de la réalité dans la fiction est très bien maitrisée.

N’oublions pas pour finir quelques  passages drôles, comme l’échange entre Noureddine et un chauffer de taxi, où celui ci critique et insulte la police, sans réaliser bien sur que son client est flic !

 

Et le Caire dans tout ça : là encore chapeau bas puisque le film n’y est pas tourné faute des autorisations nécessaires. Toujours cette magie du cinéma très bien maitrisée.

Le Caire confidentiel***
Le Caire confidentiel***

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