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Publié par Frédéric de Butler

Article vu 87 fois

Film de Nicolas Silhol 2017

Corporate**

Emilie Tesson-Hansen (remarquable Céline Sallette) est responsable « développement RH et mobilité » d’un groupe agroalimentaire de 90.000 personnes. Sous l’autorité du DRH Stéphane Froncart (excellent Lambert Wilson), elle a pour mission implicite d’aider l’entreprise à convaincre les collaborateurs « réticents au changement » à « prendre leur responsabilité et entreprendre une démarche de mobilité ». On aura compris, il s’agit de se débarrasser des « boulets » en les poussant vers la sortie sans avoir à les licencier. Ce travail est fait avec art, toutes les ressources de la communication, du droit et  de la persuasion sont utilisées. Ce beau programme vire brutalement au drame : comprenant qu’on veut se débarrasser de lui sans l’avouer, un gestionnaire du service RH, Didier Dalma, va précipiter les choses en se précipitant lui-même dans le vide au siège parisien. Après ces quelques premières minutes, je commençais à regretter amèrement d’être venu voir « Corporate ». « Encore un film caricatural sur l’entreprise inhumaine et les patrons voyous ! ». Heureusement, si le propos du film n’est pas nuancé, le scenario évolue de façon plus intéressante en un thriller plutôt bien ficelé. Emilie va-t-elle « trinquer » et payer pour tout le monde ou réussira-t-elle à renverser la situation ?

Corporate**
Corporate**

Côté « thriller » le film est assez réussi. Il est parfaitement bien interprété. Céline Sallette, incarne avec beaucoup de vérité le personnage d’Emilie, forte et déterminée mais aussi déstabilisée et à la limite du burn-out quand tout s’accumule contre elle. Lambert Wilson est magistral dans son rôle de DRH, cynique et manipulateur qui « ment vrai » avec un aplomb hallucinant. Le suspens est bien mené, les situations se retournent de façon inattendue. On ne voit pas le temps passer. 

Corporate**
Corporate**

"Corporate" n’est pas un film sur l’entreprise. Pris au mot, le déroulement comme les situations sont en effet invraisemblables. Par exemple, tout le déroulement de l’enquête de Marie Borrel, l’inspectrice du travail (Violaine Fumeau) est assez irréaliste (elle fait des remarques à la cantonades, alors que tout ceci doit faire l'objet de rapport écrit et confidentiel, elle prend l’initiative d'emmener Emilie Tesson sur un chantier qu’elle va contrôler, etc..). Le comportement froid et machiavélique de « tueuse » d’Emilie, est aussi, très exagéré. La situation dialectique entre le camp du mal (l’entreprise) incarné par le DRH et son adjointe, et le camp du bien (le personnel) représenté par tous les autres salariés reste caricaturale. 

Corporate**

Néanmoins, on ne peut nier qu’il existe, des comportements toxiques, des processus de harcèlement où les managers sont loin d’être exemplaires. Il existe aussi et tout responsable l’a déjà subi, des personnes particulièrement inefficaces opposées à toute remise en question. Et comme par hasard ces dernières sont souvent très habiles pour utiliser les ressources du droit du travail pour se protéger. 

Corporate**

Mais là aussi, il n’y a pas d’autre modèle que de travailler en respectant les basiques de toute vie en communauté : vérité, subsidiarité, bienveillance mais aussi courage  au service du bien commun. L’expérience du CEE montre que c’est la clé du développement et de la performance des entreprises et la meilleure prévention contre les risques psycho-sociaux. 

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