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Publié par Frédéric de Butler

Article vu 364 fois

Film de Emmanuel Courcol, 2017

Cessez le feu***

Georges Laffont, « héros » de la guerre de 14-18 sitôt l’armistice signée est parti en Afrique pour mener une vie aventureuse. Pour ce rescapé de l’horreur des tranchées, il fallait rompre et se reconstruire ailleurs. C’est la Haute Volta qu’il choisit pour se refaire une vie. Avec son fidèle complice Diofo, lui aussi ancien « poilu », ils sillonnent les villages de ce pays en donnant en spectacle leur version de la grande guerre, tout en échangeant, des bricoles contre des objets d’art local. 

Cessez le feu***
Cessez le feu***

Au cours de l'année 1923, un grave événement va mettre fin à l'aventure. Georges décide alors de rentrer en métropole, à Nantes. Il retrouve sa mère et son frère Marcel, invalide de guerre, plongé dans un mutisme total. Celui-ci est s’initie au langage des signes avec une charmante professeure, Hélène (remarquable Céline Salette). Celle ci a aussi vu son destin bouleversé par la guerre. Peu à peu, Geoges et Hélène vont nouer une relation passionnée. Marcel retrouvera-t-il la parole ? Le couple de Georges et Hélène durera-t-il ? Le film semble se terminer par un happy-end plutôt sympathique, mais…

Cessez le feu***
Cessez le feu***

La guerre avec la vie des tranchées est évoquée par une courte séquence au début du film. C’est très dur. « Cessez le feu » comme « La chambre des officiers », ou plus récemment « Frantz », rompt avec l’évocation glorieuse et mythique de cette grande guerre. Les survivants nous ont quitté depuis longtemps et, semble-t-il, le cinéma s’autorise à montrer la réalité des ces quatre ans d’effroi et de terreur quotidienne. L’ « après » est aussi largement évoqué, « gueules cassées », blessés, fous à lier, familles détruites, reconstruction difficiles pou ces personnes. Georges et Hélène, s’en « sortent plutôt bien ». Ils sont taillés dans le même roc. Mais la blessure reste vive et on sent qu’ils n’ont depuis longtemps plus rien à perdre…

La période des « années folles » est aussi bien présente dans « Cessez le feu ». On sent combien il était indispensable de tourner la page et de s’étourdir de fêtes et de plaisirs. 

Cessez le feu***
Cessez le feu***

Un scénario bien mené, malgré la parenthèse africaine qui semble un peu étrangère au cœur du récit. Côté acteur c’est plutôt bon, depuis « la confession » Romain Duris laisse son image d’aimable ado de « L’auberge espagnole » pour des rôles plus murs et plus complexe, voire tragiques. Céline Salette, vue récemment dans « Corporate » est bien ajustée, idem pour Grégory Gadebois (Marcel), très crédible dans ce personnage que la terreur a plongé dans un mutisme profond. Néanmoins l’absence totale de ressemblance avec Georges (Romain Duris) est un peu prononcée et on se demande pourquoi Emmanuel Courcol n’a pas cherché plus de ressemblances dans son casting.

Cessez le feu***

Le point de vue d’Annie :

Un bon film, qui souffre toutefois d’ellipses qui m’ont empêchée d’être tout à fait à l’unisson des personnages.
Le sujet est ample, et fait appel à des états intérieurs qui sont inégalement rendus : 

Le médecin qui examine Georges, le héros, lui explique que son frère qui à perdu l’usage de la parole, est « bousillé par l’effroi ». Oui cette formule est exacte et finalement tous les personnages en sont là : comment après les horreurs de la guerre de 14-18, poursuivre un chemin de vie cohérent ?

La séquence d’ouverture du film nous plonge au sens propre dans l’enfer des tranchées où Georges va perdre toute sa section…. L’oubli est-il dans ce périple africain en Haute Volta avec Diofo, l’ami africain qui mime pour les villageois les combats du « capitaine »

Rentré en France que va-t-il retrouver ? Les profiteurs, les soirées animées du fox trot et  un frère devenu muet à qui une  jeune femme enseigne la langue des signes.
Entre espoir, amertume, cauchemars, culpabilité, Georges peut-il réussir l’impossible : vivre ?

Cessez le feu***

Une grande qualité des images, des plans fixes sur les paysages d’Afrique somptueux. Les décors intérieurs de cet après guerre sont très soignés. Les acteurs, Romain Duris en tête, sont justes.

Alors ? Et bien restent ces réserves notées au début liées au scénario sans doute. 

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