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Publié par Frédéric de Butler

Article vu 91 fois,

film de Ken Loach (2016) Palme d’or Cannes 2016

Moi, Daniel Blake ****

Daniel Blake, un menuisier anglais de 59 ans, victime d’un arrêt cardiaque a l’interdiction de travailler. Pour la première fois de sa vie, il va pointer à pôle emploi pour avoir une pension d’invalidité temporaire. C’est le début d’une confrontation ubuesque avec l’administration, son personnel, le centre de relation téléphonique et les dossiers internet. Daniel va croiser la route de Katie, mère célibataire de deux enfants contrainte de trouver un logement loin de Londres pour ne pas être placée en foyer d’accueil. Confronté heure par heure aux absurdités du système, ils vont s’entraider pour tenter de survivre…

Moi, Daniel Blake ****

Dans ce beau film de Ken Loach, deux sujets se combinent,  la vie quotidienne autour de Daniel Blake et la critique cinglante du système avec parfois une opposition nantis/pauvres ou citoyen/système un peu caricaturale. Par exemple, tous les salariés de "Pole emploi" restent dans le "comment" appliquant des procédures, sans visiblement penser aux personnes. Inversement seuls les bénévoles, comme ceux de la Banque alimentaire restent humains et proches.

 

Moi, Daniel Blake ****

Daniel ne peut plus travailler et doit se battre pour retrouver son allocation invalidité. Cette situation stressante et dramatique ne lui hôte pas son humanité. Il reste vis à vis de tous ceux qu’il côtoie profondément naturel et bon. À tous il donne sans compter, sans calcul avec simplicité et générosité.  Cette délicatesse de tous les instants, n’est pas une réaction solidaire entre ceux qui sont en difficulté, mais la manifestation éclatante d’une saine échelle des priorités : l’homme et le prochain avant tout. C’est le sens de la vie humaine et il n’y en a pas d’autre. 

Moi, Daniel Blake ****

La critique de l’administration est sévère,  peu nuancée. Néanmoins, je me suis retrouvé, moi aussi,  au téléphone face à un disque ou devant une session internet sur le site des impôts qui plante. Au vu des nombreux sourires dans la salle je ne suis pas le seul. Et pourtant, je suis plutôt à l’aise avec le digital ; alors pour tous ceux qui comme Daniel sont dépassés cela doit être l’enfer

Moi, Daniel Blake ****
Moi, Daniel Blake ****

Autre petit bémol, le propos reste dialectique. Le film montre les "affreux fonctionnaires" plus prompt à appeler la sécurité ou la police qu’à entendre patiemment le pauvre démuni égaré dans le système. Et pourtant, Il faut bien des règles et des garde-fous. Exigences et cadrages restent indispensables pour éviter l'implosion du système et le bal des profiteurs.

Côté forme, c'est parfait, scénario, montage, progression dramatique, jeux des acteurs, Dave Johns (Daniel), avec son petit air de Jacques Dufilo, et Hayley Squires (Katie) sont remarquables de naturel et d’authenticité.

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Lucie 16/11/2016 12:00

Salut,
J’ai beaucoup aimé ce film de Ken Loach. Je trouve son œuvre très intéressante et touchante. C’est une histoire qui peut arriver à n’importe lequel d’entre nous.

Sophie 02/11/2016 19:36

Très émue par ce film vu en VO avant-hier, les Kleenex m’ont manqué, les acteurs sont formidables tous sans exception ! Je regrette que les enfants ne soient pas venus avec nous. Et cela ouvre les yeux sur le système anglais…

Yves Marie 01/11/2016 22:59

J'ai adoré. Une profondeur humaine, une délicatesse, une bienveillance des rapports humains entre ces "démunis", qu'on a du mal à trouver parmi les "non précaires" CDI et autres fonctionnaires, surtout dans les secteurs, qui, justement ont pour mission de s'occuper des exclus. Quelle leçon (

Isabelle 01/11/2016 22:56

EHh bien non je n’ai pas été emballée ! !! Je suis très adepte de KEN OACH DONT JE CONNAIS l’engagement politique et qui m’a toujours convaincue dans sa facon d’aborder toutes ces injustices sociales à la base de tant de fractures !
Dans ce dernier film je trouve qu’il s’agit d’un documentaire pour le secours catholique ! Bien des choses st justes et c’est vrai qu’il faut se battre face à une bêtise et mauvaise volonté organisées en système
En tous les cas la France est un petit peu plus humaine dans ses services sociaux et les prises en charge !
Pour me rechauffer le coeur j’ai vu les PEPITES ! Ah l’amour existe pour les plus pauvres.