Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Frédéric de Butler

Article vu 465 fois

Film de Xavier Giannoli (Quand j’étais chanteur, 2008)

L'aventure commence alors que le réalisateur entend à la radio l'air de la reine de la nuit (1) interprété par une artiste qui chante totalement faux. Il s'agit de Florence Foster Jenkins, une américaine des années 40, qui aurait inspiré à Hergé le personnage de la Castafiore.

> voir l'article sur Wikipedia.

 

(1) Air célébrissime de l'opéra "la flute enchantée" de Mozart..

Marguerite ***

Il décide alors d'en faire un film et de confier le rôle à Catherine Frot.

Marguerite ***

Marguerite, la Baronne Marguerite Dumont, est une riche héritière, passionnée de musique et d'opéra, qui a l'occasion des gala de charité qu'elle finance largement, chante quelques airs d'opéra. Compte tenu de sa position, personne ne lui a jamais dit qu'elle chantait faux, et visiblement elle ne s'entend pas et est persuadée du contraire. 

L'histoire se passe après la première guerre mondiale, dans le Paris des années 20. La reconstitution historiques de ces années folles est soignée et bien dépaysante : effervescence artistique de l'époque, dadaïsme, boîtes de jazz endiablées, etc...

 

Marguerite ***
Marguerite ***

Si le propos désoriente, car écouter Marguerite chanter est un réel supplice, l'invraisemblable déroulement de sa carrière dresse un tableau sévère de ses admirateurs : flatteurs, mystificateurs, profiteurs, manipulateurs, etc. Le comique de la situation est toujours mêlé d'une certaine amertume vis-à-vis de ces comportements indécents. 

"Marguerite" est aussi une belle histoire d'amour entre les deux époux, qui malgré les coups tordus de la vie veulent continuer à s'aimer. 
Si Marguerite chante, c'est pour qu'Il fasse attention a elle. Et s'il s'en détourne, c'est justement à cause de ses manies qui s'apparentent de plus en plus à de la folie... 

 

Marguerite ***

Un film en demi-teinte avec un sujet ambitieux et dérangeant, mais une réalisation et une distribution impeccables. Catherine Frot est très convaincante dans son interprétation de Marguerite. Le réalisateur a aussi voulu que son film baigne dans la musique. Nous avons droit à de belles pages lyriques, chantées avec beaucoup de talents par un vrai chœur et de vrais artistes. 


Petite réserve néanmoins, le réalisateur s'est senti obligé de pimenter son propos de personnages et de scènes du plus mauvais goût.

N'est pas Fellini qui veut. 
 

Marguerite ***
Marguerite ***

Commenter cet article

Brieuc LB 23/09/2015 01:25

Déroutant et dérangeant....c'est vrai que question tympans, ca déchire grave. Neznmoins j'ai bien aimé le côté obscur un rien chaman....

Olivier 22/09/2015 22:19

La Castafiore chantait juste mais fort ! elle aurait été créé d'après La Callas.
Le personnage cinéma de Marguerite est d'après l'histoire de Florence Foster Jenkins.
Je te conseille d'écouter ses enregistrements originaux sur Youtube c'est impressionnant !

Frédéric de Butler 22/09/2015 22:20

L'affaire de la Castafiore n'est pas tranché et il est tout à fait envisageable que Hergé ait été influencé par Florence Foster Jenkins. La Castafiore lui ressemble un peu.
Quant aux enregistrements, c'est effectivement un vrai supplice. Je l'avais entendue sur France Musique ou Radio Classique, comme le réalisateur il y a quelques années. Sur l'article de mon blog, en cliquant sur "l'air de la reine de la nuit" on ouvre l'enregistrement You Tube en question..

Frédéric de Butler 22/09/2015 14:50

D'accord avec Gilou sur le personnage du mari. C'est le véritable héros de l'histoire. Désemparé face à la folie-douce de Marguerite, il tente vainement de lui éviter le cruel contact avec la réalité, lorsqu'un public non initie réagira brutalement à son "chant". Et finalement, ayant compris que la vérité la tuera, il fait tout pour l'en écarter. Va-t-il y arriver ?

Gillou de Czeinklou 23/09/2015 06:33

L'acteur qui joue le role du Mari est André Marcon, le genre d'acteur que l'on croise toute sa vie sans connaitre son nom. Carrière eclectique, https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Marcon . On va aller voir Mustang, merci Fred.

Dédé 21/09/2015 18:10

En fait de scènes de mauvais goût, il y a surtout un contraste entre la lumière incarnée par Marguerite, malgré tous ses défauts et le côté obscur incarné par son valet au nom imprononçable. Dans l'ombre, c'est lui qui tire toute les ficelles..Les personnages et scènes de mauvais goût sont sans doutes des réminiscences de ce côté sombre.

Gillou de Czeinklou 22/09/2015 11:40

Exactement, le coté glauque est incarné par ce personnage trouble. Pour ma part j'ai trouvé que l'acteur qui incarne le mari est particulièrement doué et peut-être encore plus central que la Castafiore elle-même, avec l'incontournable Frot. Un film compliqué car on ne rit que jaune et de moins en moins, pour finalement assister à une mise à mort...