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Publié par Frédéric de Butler

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Né d'une rencontre improbable entre Nathalie Dessay, soprano et Michel Legrand compositeur à succès, cet album "Entre elle et lui" mérite quelques commentaires.

Tous les moulins de mon coeur…

Ayant écouté quelque extrait à la radio, j'avais ajouté l'opus sur ma commande au Père Noël. Le 24 au soir, délicatement empaqueté avec ce qu'il faut de bolduc, le CD m'attendait.

Fébrilement je place le disque dans son lecteur.

"Je ne sais rien de lui et pourtant je le vois…" A la réflexion cette "chanson de Delphine" est une des perles de l'album. Cela coule tout seul, avec une voix qui ne force pas et d'une justesse parfaite. Et pourtant la musique de Michel Legrand construite sur des gammes empruntées au jazz et au blues n'est pas facile. On a l'impression de changer de gamme à chaque mesure…

Avec le second thème, c'est Nougaro qui est interprété "Sur l'écran noir de mes nuits blanches…". Là le charme est vite rompu, c'est très en dessous de l'original. On essaie de comprendre. A la différence de la chanson précédente, on a un tempo plus rapide et des tonalités plus aiguës. Ici Nathalie est un peu perdue, sa voix naturelle ne peux plus fonctionner et elle refuse, avec bon sens, d'utiliser sa voix lyrique de soprano. C'est toujours très juste, mais avec une voix un peu bâtarde et beaucoup moins de charme qu'au début.

 

Tous les moulins de mon coeur…

Le reste de l'album poursuit cette première impression, gamme médium et tempo lent, c'est plutôt bon ; dès que la note monte avec le rythme, cela frise la catastrophe. J'attends avec gourmandise "Les moulins de mon coeur". C'est le n°7, le chiffre de la perfection. Effectivement, c'est magique, avec ce qu'il faut d'émotion dans la voix. Néanmoins le duo avec Michel Legrand, s'il apporte de la connivence et de la vie, sacrifie un peu à l'unité de ton.

Piqué par la curiosité, j'ai réécouté la bande originale des "Demoiselles de Rochefort". Et bien c'était plutôt très bon. Anne Germain, la doublure de Catherine Deneuve se débrouillait très bien. En creusant un peu sa bio, je découvre un impressionnant palmarès de chansons en "doublure", à côté des comédies musicales de Jacques Demy, les meilleurs Walt Disney (les Aristochats, Mary Poppins, Robin des bois, etc.,), et la participation à des groupes mythiques pour les fans de jazz, Swingle singers et Double six.

Tous les moulins de mon coeur…

Etrange constat, une chanteuse lyrique à la tessiture de "soprano léger", se révèle "au naturel une voix plutôt médium, mezzo, avec une gamme assez réduite. Bienvenue à l'école de la chanson de variété, chère Nathalie. Et comme disait Boileau, cent fois sur le métier...

 

Frédéric de Butler   27 décembre 2013

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